Adel El Zaïm
Le destin d’ un poète nommé Damascius
Avant-propos
Visite étrange
Le passé est toujours triomphant
Les souffrances de Damascius
Mille mots d'amour
Deux coeurs brisés
Le monde est ma patrie
Lueur d'espoir
Cause et résultat
Je crache sur le visage du destin
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Avant propos
La fin tragique du philosophe gréco-romano-syrien Damascius, du nom de Damas,( 480-550 après JC), sous le règne de l'empereur romain Justinien représentait pour beaucoup d'historiens récents la sublime volonté d'un individu, convaincu de son idéologie de liberté intellectuelle, de résister aux courants dominants sociaux, culturels ou religieux, s’ ils sont contradictoires, déraisonnables, malsains ou fanatiques….Il était le dernier enseignant néoplatonicien dans l' académie d 'Athènes. Cette dernière a été fermée par l'empereur qui avait interdit l'enseignement de la philosophie à des peuples non-chrétiens .
A cause de cette interdiction injustifiable selon Damascius; il s'est réfugié, avec un certain nombre de ses disciples, chez le roi des perses Chosroês. Il y est resté loin de son pays pendant deux ans, et n'est rentré chez lui qu'après la conclusion d'un traité mettant fin à une guerre entre Rome et le roi perse .. Le retour en 520 après JC du philosophe et de ses disciples figurait dans les conditions de paix exigées par Chosroês ..
Damascius et ses disciples sont allés d'abord en Alexandrie .IL a continué pendant le reste de sa vie, à savoir pendant huit ans, le développement de sa philosophie et l' achèvement de certains de ses oeuvres , dont le « Traité des premiers principes » ,était le plus important. Il s'intéressait aussi à la poésie et aux rapports entre la religion et les sciences, comme Averroès رشد بن الوليد بو أ (1126-1198)qui enseignera ses pensées philosophiques en Andalousie, 600 ans plus tard.
La philosophie de Damascius était connue en Syrie à ’’ l’école philosophique d’Apamée ’’ et enseignée dans certains endroits de l'Asie Mineure(spécialement dans la fameuse basilique d'Éphèse) . Il est mort à Alexandrie dans des conditions obscures, et oublié par les historiens de la philosophie pendant des siècles …
Un poète syrien était intéressé à la personnalité et l'idéologie du Damascius ..Il a emprunté son nom comme pseudonyme, dans le cercle de ses amis à Damas, dans les années soixante, à l'instar du grand poète syrien"Adonis" , connu mondialement par ce pseudonyme uniquement ..
Pourquoi donc "Damascius"? d'abord; parce que notre poète contemporain est né à Damas, parfaitement comme Damascius le philosophe, et était amoureux de cette ville; ensuite, parce qu'il croyait à la liberté et la justice, comme l'ancien philosophe de pensée grecque.. Leurs vies se ressemblaient, hormis leur appartenance religieuse . Leurs comportements vis-à-vis de la société et des gens avaient beaucoup de similitude. Leurs tristes fins étaient presque pareilles.
Or, voilà l'histoire de la vie et de la mort de notre poète, le moderne"Damascius", qui faisait l'apologie, au cours de certaines époques de sa vie des idées du philosophe « Damascius » l'ancien .
Mon objectif n'est pas, de toute façon, parler aux lecteurs de la philosophie en générale ou particulièrement sous une ou autre école, ni même de la poésie comme telle, mais de l'amour dans tous ses aspects ….de ses plaisirs et de ses douleurs, comme les ont profondément éprouvés deux amants à Damas, au début de la deuxième moitié du siècle dernier .
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Chapitre 1
Visite étrange
Dans un immeuble élevé, situé aux nouveaux quartiers de Damas, entouré d'un jardin divisé par petits îlots d’arbres éparpillés d‘ici et là , habitent Hind et sa nièce depuis quelques années. Elles mènent une vie tranquille au quatrième étage de l'immeuble, sans avoir établi beaucoup de contacts avec les voisins.
Hind, la propriétaire, travaille comme chef comptable dans une société import - export, pas très loin de son domicile. La jeune nièce, à dix huit ans, fait son bac cette année..
L'horloge sonna six fois. Hind, l'hôte de la maison, était incapable ce soir de se rappeler si elle avait donné un rendez-vous à quelqu’un; mais elle est restée habillée et maquillée après son retour du travail, au cas où, et à tout hasard ! ....
Une ou deux minutes plus tard, sa nièce ouvra la porte pour une femme inconnue qui voudrait voir Hind ; elle a dit avoir eu , la veille, un coup de téléphone avec elle pour fixer ce rendez-vous. Cette explication lui était suffisante, de laisser la dame entrer dans l’appartement .
La femme inconnue avec la jeune fille ont soigneusement traversé le couloir qui mène au salon ; là, où se trouve Hind, vue de dos, habillée en robe semi -décolletée, de couleur foncée. Elle était distraitement sombrée dans un long regard imprécis sur les cimes des arbres, à travers une large fenêtre, sans faire attention à ce qui se passait autour d’elle .. ..
" Bonsoir Madame ", la femme a-t-elle brusquement dit, ,juste derrière les épaules dénudées de Hind qui n'avait pas même entendu la sonnette ... Cette
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surprise ne l'a pas empêché de dessiner, en tournant sa tête, un demi sourire sur un visage blême naguère fatigué après une longue journée de travail.
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Elle lui a dit avec courtoisie:« Vous êtes la bien venue Madame. Prenez une place », à la façon dont on parle dans son travail aux visiteurs ou clients ..
La nièce a immédiatement quitté le salon pour préparer le café, sans demander à la dame si elle le préfère très sucré, moyen ou sans sucre du tout, comme voulait l'habitude de ce pays, de questionner chaque visiteur, dès son arrivée sur son choix du café .
« Je suis Samiha, qui ai parlé hier au téléphone. Vos soeurs ne connaissaient pas que j'ai voulu prendre rendez-vous pour vous rencontrer aujourd’hui, et que vous m’avez bien accordée cette chance, personnellement et en privé ! » .
Hind a péniblement caché son envie de rire pour cette façon d’aborder tel sujet en rapport avec ses propres sœurs, et évité de montrer son étonnement devant cette indiscrétion de la femme dont elle vient , il y a moins d'une minute, de la recevoir ! Notamment qu’elle ne l'avait jamais rencontrée auparavant ! Seulement, elle se souvient d’entendre son prénom "Samiha", une ou deux fois dans le passé, sur la langue de ses soeurs ; sans lui attacher, à l'époque, aucune importance. Cette dame n’était qu’une voisine de ses sœurs, pas plus.
« Continuez, s'il vous-plait. Je suis complètement à vous » Hind a t-elle précisé gentiment; mais elle a noté que cette interlocutrice étrange était complètement maladroite, et curieusement peureuse de ses sœurs ! À l’instar d’elle-même ! Quelle coïncidence ! Quel parallélisme étrange !
Visiblement Samiha était satisfaite de cette invitation à parler. Elle n'a pas hésité, tout de suite, à prononcer la phrase qu'elle avait répétée plusieurs fois dans sa tête, en route, avant d'arriver chez Hind.
« Damascius…….Ah, je voudrai dire Ahmed, excusez-moi, est en ville. Il est revenu ! Revenu ! »
La nouvelle fit sauter Hind de son fauteuil. C'était une grande surprise pour elle. Ahmed est à l'étranger depuis longtemps, çà elle le savait déjà ; mais le voilà apparaître brusquement dans sa vie. .
Malgré cette secousse brutale, physique et morale, et en dépit d'un éclat
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douloureux de lumière forte devant ses yeux, Hind a pu reprendre sa tranquillité habituelle ; Sauf cette fois, exceptionnellement, elle n’a pas pu retenir les deux larmes qui remplissaient ses yeux noirs, mais ne sont pas coulées sur ses joues, montrant sa dignité et sa discrétion devant l'étrangère..
Samiha appréhendait, en effet, une réaction douloureuse de Hind quand elle apprend le retour du poète, Ahmed, à Damas ; mais elle avait une mission à remplir et il fallait en arriver vite! ... Peut- être qu'elle a commencé très brutalement de parler de lui, et qu'elle était imprudente d’entrer directement dans le sujet sans préparer le chemin. Mais elle va essayer, quand même de rassurer son hôte, que tout ira dans le mieux, si elle voulait bien avoir la patience d'écouter le reste. …
L'arrivée du café a momentanément interrompu leur entretien ; ce qui a permis à Samiha de profiter de quelques instants pour contempler le visage de son hôte et essayer, par une simple curiosité, de deviner son âge. « Elle est encore belle, malgré qu'elle soit proche de la quarantaine... mettons trente huit ans; mais elle ne les fait pas ! . » Samiha pensait -elle ainsi..
Hind demanda doucement à sa jeune nièce de les laisser seules, et la discussion a repris aussitôt. Samiha a commencé la première la parole :
«Je travaille comme vendeuse dans un magasin de vêtements sur la Place des Martyres. Un jour, pendant la semaine dernière, deux jumeaux de trente cinq ou trente six ans, qui se ressemblaient énormément l‘un à l‘autre, sont entrés dans le magasin avec un troisième homme, un peu bizarre, d'au moins dix ans plus vieux. Ils voulaient acheter un costume pour ce dernier, très mal habillé, très mal coiffé, une barbe poussée en désordre sur son visage non rasé depuis plusieurs jours.. ; un visage pâle, en regards perdus, et des mains qui tremblaient. ; un fantôme dont la véritable existence était ailleurs; un automate qui exécutait ce qu'on lui ordonnait de faire.
« J'ai aidé cette personne étrange, visiblement perturbé psychologiquement, mais pas un fou ou simple d’esprit, à essayer des vêtements qui convenaient à sa taille. Il ne semblait pas très intéressé à ce qu'on voulait lui acheter, et resté absent de tête pendant l'essayage, avec des yeux toujours vides, sans prononcer un mot. »
« J'ai contemplé son visage à plusieurs reprises, et il m'a paru, par ses yeux clairs et par son long nez, bref par certains traits de visage qui n'échappent pas aux femmes, qu'il ressemblait à un homme jeune que j'avais vu sur une photo, en compagnie de plusieurs personnes, chez vos soeurs ! Celles -ci voulaient, en fait, me montrer le visage de cet homme qui s'appelait Ahmed... un certain poète ayant également un autre nom bizarre : "Damascius.
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« Elles étaient très furieuses de lui. … Elles disaient qu'elles avaient avec lui une longue histoire vous concernait ! ..Elles persistaient qu'elles le
haissaient et qu'elles souhaitaient qu'il se crève ! Plus tard, elles m'ont raconté tous les détails des longs évènements passés entre vous et cet homme.
« .....Alors, je lui ai adressé brusquement la parole, juste avant sortir du magasin : "Vous êtes Ahmed…. N'est-ce pas.? Il n'a pas répondu parce qu'il était toujours dans le vague ; mais les deux autres personnes, les frères jumeaux, ont arrêté tout de suite, quand ils ont entendu ma phrase. ! »
« C'est à ce moment là, que j'ai constaté qu'ils ne connaissaient pas le nom de leur compagnon, tout au moins, son véritable nom. Un des frères s'est approché de moi pour me confirmer que cet homme leur avait donné son nom comme" Damascius" , pas « Ahmed » tel je lui ai appelé ; et qu'il habite chez eux depuis peu de temps. Ils sont partis aussitôt après, tout ensemble, sans faire plus de commentaires ! .
« Le lendemain, l'un des jumeaux m'a téléphoné. Il a voulu qu’on parle de certaines choses qu'il estimait très importantes, concernant Ahmed ou, selon lui « Damascius. J’ai répondu, tout de suite, que je voulais bien le voir pour en discuter, à condition que l’entretien ait lieu chez moi-même, pour faire le maximum de précaution, et éviter qu'Ahmed soit au courant de ce qui ce passe autour de lui, vu son état psychologique actuel.
« Puis, il est venu chez moi; et suite à notre discussion qui a duré longtemps, il a eu convenu que je vous annonce moi-même le retour d'Ahmed… Et parler un peu de l'avenir ! »
Samiha a continué son discours, toujours hâtée, maladroite, et très mal organisée dans l'exposition de ses idées ; Sans qu’elle fasse attention à ce que Hind puisse penser de cette pénétration directe, dans sa vie privée, au plus profond d'un sujet personnel très intime.
« Je connais bien maintenant l'adresse des jumeaux où réside Ahmed actuellement, et leur numéro de téléphone ; Alors, si vous voulez les savoir pour un renseignement, puis, éventuellement réaliser une rencontre avec Ahmed, à la rigueur, avoir une communication téléphonique avec lui, je suis prête à vous assister ! »
Puis, elle a ajouté : « Je savais déjà que vous ignorez les endroits de ses déplacements en Europe, puis en Amérique, et je présume que vous êtes surprise de son retour inattendu à Damas ; mais il est là, à présent… Je crois sincèrement qu'il a besoin de vous, et il n y a que vous qui pouvez l’aider
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«. J’ai appris qu’il Il se sent très seul, très malade. On dirait qu’il fut atteint d'une grave mélancolie, une perturbation de son caractère… Il voyait tout noir et traversait une détresse importante. Selon les jumeaux qui l’ont trouvé un soit presque mort devant leur porte, il y a maintenant plus de deux semaines, m’ont dit, qu’il a eu un penchant à la solitude, à l'égarement, même au suicide.. Bref, il continue actuellement à vivre sans but et sans aucune notion du temps ! .
Hind a immédiatement répondu:"J'ai bien compris l'objectif de votre visite et j’apprécie beaucoup votre intervention, et votre bonne attention. Vous voulez donc que j'aille voir Ahmed et renouer le contact avec lui…Je vous dis franchement que je ne souhaite pas qu'on se voit tous les deux, ni maintenant, ni à l'avenir ! »
Cette réponse de Hind, négative et sans appel, a secoué Samiha de fond en comble. Elle a eu le sentiment que sa mission était complètement tombée dans l’eau… sa visite devrait donc, se terminer ici ! Quelle corvée !
Mais ce n'était pas du tout le cas pour Hind qui a continué ses phrases avec un ton familier, simple et chaleureux. En outre, elle semblait considérer son hôte, malgré tout, comme une vieille amie ou un proche parent, avec lesquels on pouvait avoir une discussion franche ! .
- « Je suis devenu une autre femme… j'ai pris du poids; les cheveux blancs ont commencé à divulguer l'avancement de mon âge... regardez-moi; je suis devenue vieille, … et comment ! En fait, Je préfère laisser Ahmed continuer à m'imaginer, exactement comme j'avais été à ses yeux, il y a plus que dix ans, quand j'étais encore jeune! » .
« Par contre, je ne veux pas le voir, dans son état actuel, comme vous me l'avez décrit... un homme perdu, accablé de souffrances, perturbé, sans raisonnement et sans perspectives…alors que je le considérais, pendant toute ma vie, un homme parfait, intelligent et. .
Samiha l'a interrompue :"Pouvez vous m'expliquer les raisons de cette rupture entre vous, qui dure déjà depuis plusieurs années ?".
Hind a simplement répondu qu'il n y avait une seule et unique véritable cause de séparation entre eux, si ce n'était le cumul de plusieurs évènements qui ont surgis simultanément, et mi-fin ainsi à leur relation.
- « Qu'est ce que je peux vous dire Samiha? » A-t-elle dit familièrement. « Je me demandais, souvent, si ma passion a-t-elle été affaiblie au long du temps, si ce n'étaient pas ces rigides traditions d'une société fermée et intolérante, plus fortes que nous deux, qui ont bouclé la boucle ! »
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« Est- ce que c'était le lien, jadis sacré chez notre famille, avec mes sœurs spécialement, plus que celui qui existait avec mon mari, qui a surpassé toute autre considération ? Je ne sais pas vraiment.
« Ahmed avait certainement cru que j'avais, de ma tête, décidé de me séparer de lui comme ça ! ( Elle a levé sa main et fait une claque avec ses doigts dans l'air. C'est cela, à mon avis, qui l'a poussé à devenir malheureux et malade tel il est. Il a dû imaginer que j’ai repenti, comme on dit, après avoir lâchement cédé devant les menaces de ma famille ou de mon mari ! .
« En vérité, une chose pareille était contraire à mes principes ; Car je considérais que ce qu'on appelle vulgairement "repenti" était pour moi, un terme inavouable, atroce et même déplacé dans mon cas, parce que ce mot ne devait concerner que les pêchés impitoyables ou les fautes morales les plus graves.
« Je ne me permets pas, comme une femme ou simplement comme un être humain, d'effacer d'un seul trait ce que le destin m'avait accordé, à travers mon rapport avec Ahmed, tant de bonheur et de tendresse, au long de notre amitié, puis notre lien secret d'affection intime !
« Cet amour était ma raison d'être, qui reste pour moi la plus noble des émotions. Je suis fière de dire que cette relation m'a permis de découvrir-le" moi" en moi-même, et de vivre profondément mes sentiments, ma féminité et mes rêves qui étaient, selon moi, des droits sacrés »
Samiha a bien noté que son hôte ne poursuivait plus avec elle une conversation normale, mais plutôt un monologue ou, une sorte de méditation solitaire...
Hind a continué, sans relâche, ses confessions: « L'amour qui ne se met pas à l'épreuve, n'est pas digne de son nom. Il est l‘essence de vie et d‘existence de chacun, et dans cette condition, il faut persister à vivre en dignité et en respect complet de soi-même, malgré tous les contraints survenus et les suites douloureuses de la découverte de telle émotion par ceux qui l’opposent. C’était aussi mon histoire avec Ahmed. »
« Les soupçons et les accusations, souvent exagérés, n'ont pas réussi à arracher de mes tréfonds l’affection viscérale envers lui. Seulement j'ai demandé, à l'époque, qu’il diminue la fréquentation de ses visites et d'accourcir nos rares rencontres extérieures.
« Après ces mi -rupture très douloureuse pour Ahmed, j'ai reçu d'une amie commune un poème de lui, qui décrivait ses plaintes à cette époque, en
termes pertinents et tristes :
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"Je meurs d'ennui, de solitude, et toi... tu chantes
Foudroyé, à fendre l'âme, d'une plaie béante..
Mais tu t'en fou.. et ma passion te rend si fière
Et tu t'éloignes de mes yeux comme une chimère !
...Si mon amour est le premier de mes péchés
Quelle incartade en résulte de me lâcher?
Dits moi quoi faire afin d'éteindre mes souffrances
De compromettre mes soucis et ma patience ? "
« Mon mari et mes soeurs m'ont infligé une punition qui représentait, en général, le même sort réservé à la plupart des femmes de ma génération qui vivaient les mêmes circonstances ; c'est à dire étouffer mon affection dans son berceau. Cela aurait pu me pousser à la folie ou à mettre fin à ma vie. Mais Je voulais garder l’intégralité de mes raisonnements et la clarté de mes idées pour l‘aimer toujours.. »
« Je détestais la mort et je refusais le suicide, contrairement à ceux qui les considèrent comme une réplique à l'injustice et un résultat adéquat à la déception et au désespoir. Je n’ai jamais pensé à éteindre la torche qui a éclairé une fois ma vie. Je veux continuer à revivre les souvenirs et les rêves du passé et me nourrir de leur sève, jour après jour, heure après heure.. . Mon coeur bat éternellement pour lui, et pour lui seul. Nos anciens jours sont présents à chaque instant dans ma tête, mémorisés devant mes yeux …et je garde toujours tous ses poèmes signés Damascius, qu'il avait écrits pour moi ; je les relie souvent et j'ai fini par les répéter, presque tous, par cœur.
« Je suis triste, parce que je suis restée une femme enchaînée, démolie, dans mon intérieur et dans mon existence morale ; mais je lutte tout le temps pour camoufler, d'une façon ou d'un autre, ma condition féminine fragile, et aménager par la suite mes rapports avec la famille ! .
« Dans notre pays, l'autorité morale des parents, pères, mères, frères et sœurs, et quelques fois cousins mâles, continuent parfois de s'exercer dans le milieu de nombreuses couches sociales, et le plus souvent dans certaines régions, à l'égard des jeunes mariées, exactement comme quand elles furent célibataires. Cette domination dure, d’une façon scandaleuse, accablante jusqu'à la fin de leurs vies ! . »
« Je suis aussi très triste pour Ahmed lui-même… pour tout ce qu'il lui est arrivé à cause de moi, ou à cause de mes soeurs et de mon mari. Il était un
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homme profondément fidèle à ses sentiments et ses principes .. Il m'a offert son
cœur, son existence, sa poésie… et m'a réservé le respect et le dévouement les plus sincères… Malheureusement le voilà maintenant, il n’est qu'un pauvre être malheureux, déçu, malade, sans situation. , Sans perspectives. »
« Ce qui me fait peur maintenant, après ce que vous m'avez dit, c'est qu'il comprenne mal ce que je pense de lui… de nous, …du passé, du présent et comment je dois agir pour l'avenir.. Oui, Samiha, je l'aime aujourd'hui comme je l'aimais hier et comme j'ai fait depuis le premier jour. L'amour est une chose que personne sur terre ne doit l'interdire. Mon coeur est à moi; je suis propriétaire de mes sentiments que je ne partage qu'avec lui ; et je resterai fidèle à celui que j'aimais, à celui qui m'aimait, sans qu'il me voie, sans que je le voie. Est- ce que c'est encore l'amour? Je n'en sais rien. »
Hind l'a silencieusement accompagnée jusqu'à la porte. Elle lui a jeté avant qu'elle parte un regard qui signifiait, hélas... qu'elle transmettait ainsi à Damascius, son dernier adieu. Samiha l'a bien compris.
La porte une foi fermée, Hind est retourné au salon, alors que sa nièce est venue chercher les tasses vides posées sur une petite table au milieu de la pièce..
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Chapitre 2
Le passé est toujours triomphant
Le dîner avec la petite nièce était rapide et silencieux. Hind, en effet, n‘avait l'appétie après le départ de Samiha ; mais elle fit semblant de manger normalement pour fuire toute illusion de la part de sa nièce, concernant le changement de son humour, de ne plus avoir eu envie de parler, notamment de cette fatigue visible sur son visage.
Elle n'a pas répondu non plus, au cours du dîner, aux commentaires de sa nièce, encore jeune et innocente, que la "Dame" était gentille, malgré qu’elle ne la connaisse pas avant, que la visite était longue, tandis qu’elle n’avait rien à foutre avec cette visite, qu’elle fusse longue ou de courte durée !
En effet, pensait-elle, la banalité ou la familiarité n’étayent pas du tout, ce soir, à la hauteur des sujets graves discrètement entretenus avec Samiha.
Elle s'est levée tranquillement pour aider sa nièce à se débarrasser de table et porter les assiettes jusqu'à l’évier dans la cuisine.
L'ambiance après le dîner était assez lourde, plutôt ennuyeuse pour la nièce qui finit par dire bonsoir à sa tante et courir à pas dansants, vers sa chambre, désinvolte et gaie, en chantonnant des rengaines ! .
" Quelle merveilleuse décision de cette petite ! " Hind a-t-elle murmuré. Cela lui permettra de rester seule, pour réfléchir un peu, et regarder les choses de plus près. Elle n'a pas tardé à se plonger dans ses pensées et ses souvenirs afin d’évaluer et mesurer l'attitude qu'elle vient de prendre envers Ahmed.
Elle a dû constater, à la fin de la soirée, qu’elle n’arriverait pas à un résultat concret ; car, ses idées et ses émotions ont commencé à se chevaucher,
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tourner en véritable cauchemar :
"Comment j'ai pu oser de dire que je ne voulais pas rencontrer Ahmed?
N'était-ce pas injuste d'agir ainsi : le négliger complètement en ce moment, comme un surplus qu'on n'a plus besoin de lui ? Tout ça, après une attente des longues et pénibles années, pendant lesquelles je n'ai pas cessé de rêver de lui, d'imaginer qu’un faible lueur de sa silhouette, se présente devant mes yeux !
Pourquoi donc avoir passé des longues nuits blanches, après sa disparition, pour chercher, en veine d‘ailleurs, une solution à notre rupture forcée? Comment puis -je l’oublier ainsi, comme une femme mesquine et ingrate?
Je ne suis qu’un véritable monstre féroce... je suis que Dieu sait d’une créature nulle et nulle, mille fois nulle pour mettre bêtement et brutalement, une fin aussi tragique de telle atrocité, à notre belle histoire d’amour.
Où sont les agréables souvenirs de bonheur et de la joie, gravés à fond dans la mémoire, qui pouvaient doucement jaillir du temps à autre comme une brise venant du paradis…? Où sont ses baisers, ses sourires, ses poèmes et ses idées sublimes qu’il me transmettait sur la vie, la femme, la liberté, le savoir vrai d’aimer et se faire aimer ?
Cette témérité sans pareille que j’ai faite à son égard et à l'égard de notre amour, n'a jamais figuré dans mon caractère ,ni fait partie de ma nature. Si je suis crédible avec moi-même, Je dois donc choisir entre deux solutions : ou bien de continuer à être sotte, idiote et ingrate; ou bien, d'incarner une femme normale, digne de suivre les principes de la vie féminine. Dans le deuxième cas, il faudrait avoir le courage de me sentir responsable de l’injustice atroce que je suis en train d’affliger à un homme que j’ai aimé et je prétends l’aimer encore. Si j’étais honnête, j’aurais dû refuser ses avances depuis le début, au printemps de notre vie et ne pas laisser un innocent attendre de moi, pendant des années, des sacrifices ou, la moindre des choses, d’un comportement correct…..
La nuit passe, et elle continue inlassablement, jusqu’à l’aube, de parler et parler sans cesse, avec la colère brûlante d’une femme blessée par ses propres reproches; puis elle finit par s’endormir, le corps fatigué et gelé, les yeux larmoyants …
Dans son sommeil, elle n’a pas cessé de raconter à Samiha, la femme qui a déniché tout, les péripéties de son histoire, tel un répertoire prolongé à l‘infini ..
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……..La première page de notre histoire s’est concrètement ouverte pendant la soirée du 7 octobre 1965 quand Ahmed m’a fait sa première déclaration d’amour … Il n’a pas arrêté depuis, de me transmettre ses sentiments amoureux par tous les moyens : les coups multiples de téléphone toutes les matinées, les lettres et billets remplis de poèmes et de mots signifiant son admiration de la personne qui j’étais, son respect envers moi,, son affection profonde; et quand nous nous trouvions ensemble, avec d’autres amis, par des regards qui substituaient à toute expression directe, par des chuchotements discrets, brefs et rafraîchissants, volés des sillons des discussions.
La soirée du 7 Octobre1965 était gaie et bruyante au "Cave due Roi", boîte de nuit, situé au rond point qui amenait au Parlement et les quartiers chics de la ville.
Nous étions un groupe d'amis et Ahmed en faisait partie. En fait, cette soirée là, Ahmed ne voulait pas venir danser avec nous, car il faisait tard déjà, quand mon mari est monté dans son appartement, nous restés en voiture, pour l’inviter à nous accompagner. Sa femme était presque endormie où elle était allongée devant la télévision allumée. Quant à elle, il faisait nuit depuis des heures; elle a refusé, en conséquence, ouvrant à moitié ses yeux, de nous joindre. Bref, Ahmed accepta finalement, avec certaines hésitations, à cause de sa femme récalcitrante et têtue, de descendre avec mon mari, dans la rue où notre voiture les attendait..
La salle de la boîte était sombre, malgré l'éclairage multiple, inutile et insuffisant, des lampes en différentes couleurs, fixées au plafond ou posées sur les petites tables des clients. Les gens, qui mangeaient ou dansaient, étaient déjà au sommet de leur euphorie et nous avons commencé à dîner et à boire, seulement vers minuit.
Ahmed me dévisageait, au cours du repas, très bizarrement, contrairement aux autres fois, où il était normal et sérieux comme tous les autres amis qui nous accompagnaient dans nos sorties habituelles .
Brusquement, Il m'invita à danser.
Il était tellement confus et maladroit en quittant la table, au point qu'il a failli renverser toutes les tasses remplies du whisky, de jus de fruits ou de coca-cola mises sur la nappe.
Il me semblait marcher en rêve vers la piste, puis danser avec moi, l’esprit ailleurs, en m'entourant à la poitrine, à peine serrée par son bras relâché. Un fantôme dormant qui danse !
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A un moment donné, il a ouvert les yeux , commencé à me regarder, timidement cette fois, lancé des fixations rapides de ses yeux, toutes les cinq secondes ; puis il m'a chuchoté dans les oreilles des mots que je n'ai pas compris, à cause du bruit très fort de la musique venant de l’orchestre. Il a répété : "Je t’aime, tu es toute ma vie"; à une voix plus forte, que je pouvais l’entendre clairement ; mais je n'ai pas répondu, non plus.
C'était comme si je doutais de sa véritable intention. Je suis restée silencieuse, feingnant de l’indifférence ou de l’incompréhension. Il a ajouté alors, au même ton, d'autres mots, et toujours sans réaction immédiate de ma part:"TU ES MON ÂME, MON CŒUR, MA VIE". Je n'ai rien dit, cette fois là aussi ; mais j'ai discrètement compris le message,; je l’ai même reçu avec une joie secrète inexplicable et hésitante .
Mon silence ressemblait, en dernière délibération d‘esprit, à un consentement tacite de moi ; sans rien ajouter, ni mots, ni gestes, ni regards.
Mais le lendemain, dans la matinée, il m’a téléphoné, et c’est à ce moment là, que j’ai présumé que nous sommes devenus deux amants authentiques, comme si notre amour existait déjà depuis si longtemps.
Notre amour est né donc, d'un seul coup, prématurément mais amplement. Il était parfaitement comblé et intégral comme une rose ouverte par surprise un beau matin. Puis, il a mûri sous le soleil de Damas, comme les grains d'une douce grenadine poussée dans ses jardins de Ghoutta.
……………………………
On dit que les rêves de l’être humain, même les plus longs, étendus sur des années d‘existence, passent dans l‘esprit du rêveur, pendant moins de quelques secondes ; Hind continua donc à feuilleter le répertoire de sa vie:
Je ne connaissais pas l'amour avant Ahmed.
Mon mariage, était un échec complet depuis la conclusion du contrat. Celui -ci eût été signé trois ans avant cette nuit de dancing; il était arrangé entre nos deux familles sans tenir compte de mes affections ou de mes sentiments ; mais cela ne surprenait personne: La majorité des mariages dans notre société est constituée de simples conventions entre familles dont le contenu matériel fait principalement : fixation des dots pécuniaires; l 'un préalable, payable d‘avance ; l'autre retardée, à régler à la femme divorcée ou veuve. Le reste n’est que des formalités inutiles. …
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Dans certains cas des familles traditionnelles, l’objectif principal des parents de la fille est, malheureusement, de se débarrasser d'elle, le plutôt possible, et à un âge très jeune, quinze ou seize ans, pour éviter tout risque de scandales, comme par exemple, des flirts avec un jeune de l'autre sexe, même des agressions sexuelles des autres mâles qui entachent, pour l’éternité, l'honneur de la famille, alors que la fille serait intègre et innocente.
Ce qui est étonnant et paradoxale dans cette société, c'est que les contes glorifiant l'amour existent abondamment dans des légendes littéraires ou populaires; dans les films cinématographiques et les pièces du théâtre, projetés dans des salles publiques et privées avec des séances souvent complètes !
On écoute tout au long de la journée , à haute voix toujours, des chansons d'amour, quelques fois très osées, dans les rues, aux postes de la radio ou de la télévision. Parfois à travers des haut-parleurs, attachés en permanent aux arbres ou longues lanternes dans les marchés .
Dans les taxis ou même les bus où on écoute des chansons amoureuses que le chauffeur avait préalablement choisies, puis lancées librement, pendant tous les trajets, sans même demander le consentement des passagers.
Par contre, de nos jours, comme dans le passé proche ou lointain, la société ne tolère entre les deux sexes, que des rapports professionnels ou éducatifs seulement, dans le strict minimum d'une " liberté" contrôlée trop sévèrement. Certaines familles empêchent carrément leurs filles d’aller à l’école ou à l’université. D’autres encore, ne leur donnent pas leur accord pour aller travailler; même pour faire seules leur courses. Il faut qu’elles soient toujours accompagnées par un membre de la famille, plutôt mâle .
En outre, ce qui est plus bizarre c’est que les couples mariés qui avaient avant le mariage n’importe quel genre de relations, même en toute innocence, soit en leur même intimité soit dans des contacts avec les autres, réfutent absolument l’existence de ces rapports. Sans parler, bien entendu, d’autres aspects de relations de chacun aurait entretenu avec des êtres de l’autre sexe, même s’il s’agissait d’engagement des sentiments respectueux, d’admiration objective, de simples sorties d'amitié ou de collégialité, avant et après le mariage.
Ces tabous, existent toujours et les couples sont amenés, à cause des traditions, à les cacher tout le temps, à l'autre époux en premier, et aux autres ensuite; et enterrer, une fois pour toutes, ces"vices " ou "fautes" de comportement social, jusqu'à la fin de leur vie !
Quant à Ahmed, lui-même, il m'a avoué ultérieurement, qui était amoureux
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de moi depuis la première fois il m’a vue, avec mon mari, dans une réunion politico-culturelle; quelques mois après, dans un cercle d'amis de même tendance politique. Puis, il a pris l'habitude… et nous en étions, mon mari et moi, complètement ravis, qu’il nous fréquente, amicalement et d’une façon très innocente, accompagné ou non de sa femme. Celle-ci était plutôt réservée, méfiante et jalouse, et de moi et de tout le sexe féminin qui participait à nos réunions.
………………….
A deux reprises, à l'occasion des petites fêtes d'anniversaire à moi, il a lu des vers qui les a écrits spécialement pour l'occasion, comme il le faisait éventuellement avec d’autres de ses amis ! En effet, m'a -t-il avoué ultérieurement, que la lecture des poèmes était destinée à moi, et que c’était le seul moyen d'exprimer ses sentiments amoureux, discrètement, sans que personne, moi comprise et la première, puis évidemment sa femme , ne comprennent ce qu'il pensait réellement. Je me souviens bien des images poétiques dans certains de ses poèmes, de l’époque :
A l’ arrivée à notre monde
Les petites étoiles de mille couleurs
Nous annoncèrent tout le bonheur
Et de la joie, Dieu sait, profonde !
Au cœur de notre engouement
Tu faits fléaux des agréments
Tous ces parfums de paradis
Que l’on sentait de bonne humeur ! »
Pour un poète amoureux comme lui, la poésie camoufle les véritables sentiments de l'homme quand il a l'intention d'être plus ou moins, discrètes vis à vis de celui qui l'aimait et vis- à-vis des autres.
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Il me disait souvent que je suis " l'exception"dans notre société. Une femme rebelle qui lutte pour un féminisme universel, pour une jouissance entière des droits sacrés des femmes dont le nombre fait la moitié de la planète. Il dit qu‘elles ont un devoir, de réclamer leur droit de se disposer d'elles - mêmes, corps, passion, sentiments intimes, autonomie, croyance et idéologie, pensées personnelles sur l'existence, la vie et la société….
Il a exagéré, sans doute, surtout à cette époque des années soixante, ce
qu‘il disait à propos des femmes; celles-ci n‘étant encore obtenu la totalité de leurs droits, nulle part dans le monde.
Je me disais quelque fois, qu'il rêvait plutôt, comme toujours. Il voyait en moi une femme superbe, dans ses poèmes et dans son imagination ; mais j'avoue que je réclamais, dans ma vie à moi, et pratiquement, certains "privilèges"dont il parlait. J‘exerce même, sans scrupules de ma part, un bon nombre d’ entre eux, y compris la foi, la pratique religieuse, la croyance et l'idéologie et, surtout, les passions; quant à l'autonomie phisique, j’étais différente des femmes de ma génération, même vis- à vis de mon mari, qui n'avait, d’ailleurs, jamais osé d’ exiger de moi quelque chose que je n'acceptais pas..
Je reconnais, malgré tout, que j’ai parfois cédé devant la peur d'être tuée, déformée de visage ou de corps, pendant des pénibles querelles sur ces sujets. J'hésitais, aussi, quand je sentais que mes actes ou mes réactions s'avéraient "ultra" pour les autres ou contradictoires pour moi-même.
Mais avec Ahmed, je ne refusais rien; Je n'hésitais pas à faire tout ce qu'il voulait, même l'excès, l'extravagant, le reprochable et, quelques fois, des folies de toute sorte. C'était ici mon exception, comme il disait !
……………………
Hind fronça entre ses deux sourcils, quand une image passagère fut montée à sa tête endormie :
Les rapports entre lui et sa femme se sont dégradés, mais il m'a dit, maintes des fois, que ce n'était pas à cause de moi, tout au moins, à cause de ma place que j’occupais dans son cœur. Cela ne représentait qu'une petite partie de cette dégradation de leurs relations conjugales .
Sa femme était vraiment jalouse de tout le monde ; d‘abord , de toutes les femmes; amies ou proches de la famille, exclues de sa satisfaction; ensuite, des
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hommes qui liaient avec son mari des solides amitiés ; pour elle , ils étaient des suspects, parfois des traîtres inculpés .
Ahmed a décrit une fois , avec sa façon poétique, mais en termes satiriques sans doute, cette relation entre sa femme et moi, en me laissant dire à elle, d’esprit bien entendu :
Tu m’as été amie , un jour
Et devenue des pires ennemies
Toute la vacherie que tu encours
Est une horrible épidémie !
Je vais te prendre ton mari
Que j’ai aimé et enchéris
C’est lamentable ce qu’on joue
Tu m'a laissé dans l'embarras !
Plus rien ne passe entre nous
Sinon la haine tu l’ auras
Tu l’as privé de la tendresse
Pour qu’il t’oublie et qu’il te laisse !
Je suis pour lui, il me disait
Et il me plait, et je lui plaie
Tu a voulu scandaliser
Cette amitié des ans complets
Personne au monde ne t’envie
Et tu t’éloignes toute la vie !
En effet, J'ai refusé à l'époque cette image terrible, même virtuelle et poétique, du rapport féminin entre deux créatures aimant la même personne . Les autres femmes qui soupçonnaient l'existence d'une relation extra-conjugale avec Ahmed, à l'exception d'un petit nombre d'amies ayant la même mentalité que moi, crièrent au scandale . Mes deux soeurs comprises!
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Sans doute, ces divergences avaient - elles pour effet de causer ultérieurement une vague de rumeurs qui ont abouti à empoisonner ma vie conjugale, d'un côté ,et provoquer les pires des soucis et des problémes d'existence pour Ahmed ,de l'autre côté.....
……………….
Hind, dans ses rêves, réveillés par la visite inattendue de Samiha, était capable de se souvenir de la plupart des images de cette période des années soixante. Le visage somnolent a reflété les sentiments profonds sautant dans sa poitrine, tantôt tristes, tantôt joyeux, et à chaque fois, elle murmurait, souriait ou fronçait les sourcils.
Elle pensait qu'elle était, terriblement, mal traitée par le destin qui a voulu qu’elle soit née et qu’elle vie aussi dans une société qui sacrifie la femme et donne tous les droits aux hommes. La lecture des vers de son poète , ont souvent réveillé sa nature féminine, plus ou moins proche de la réalité, et compensait ainsi le manque de liberté qu'elle souhaitait dans la vie.
Des milliers des femmes orientales ont une double existence , l'une soumises aux traditions sociales , l'autre cachée dans leurs cœurs , avec leurs sentiments personnels, leurs imagination et leurs fantasmes. j'était une de ces femmes ..
Le plus graves des évènements passés à l'époque, des plus honteux aussi , c'était l'intervention d'un de mes cousins, à peine je l'ai rencontré, une ou deux fois dans toute ma vie, qui a menacé de tuer Ahmed s'il continue à nous visiter. Il disait que mon mari était un homme faible, qui recevait chez lui des étranges personnages, poètes , politiciens , révolutionnaires ou d’autres visiteurs de ce genre . Il adressa, ultérieurement , cette menace à Ahmed en direct avec un pistolet dans sa main .Ce pauvre idiot en était fier de son geste parce qu'il défendait, selon lui, le cousin ignorant et mesquin, l’honneur de ma famille à moi !
Bien entendu, cette menace sérieuse offensive, n'a t-elle pas empêché
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Ahmed de venir chez nous, après cet événement; sans même raconter à personne ce qui c'est passé; en assumant seul, toute responsabilité de ses visites .Il a dit après cette horrible menace : "Si je suis mort à cause de toi , j'en serais le plus flatté !" , tout en souriant, pour me rassurer ou me consoler.
Pour lui, et pour moi aussi, la passion doit être supérieure à la conscience des hommes, quand il s‘agi d‘une affection sublime comme la notre ..
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Chapitre 3
Les souffrances de Damascius
De son retour à sa maison dans un vieux quartier de l'Ancienne Damas, Samiha, fatiguée et désarçonnée, s'est contentée de manger légèrement et s'est livrée immédiatement à évaluer la situation, qui résulta de l’attitude négative de Hind, par rapport à ce qu’il estimait bon pendant l’entretien de créer un contact quelconque entre deux êtres séparés par le destin.
Elle se rappèle tristement des phrases et des expressions, à la fois curieuses et malheureuses, de la pauvre femme dont elle vient de la quitter.
Les sombres souvenirs des deux amants d’antan lui ont brisé le cœur et laissé sa tête complétement vide .Que cette rencontre avec cette femme mystérieuse était difficile ! Alors qu'elle voulait, depuis le début de la conversation en maintenant l'esprit lucide, arriver rapidement à une finalité concrète.
En secouant la tête, elle balbutia : « Maintenant il faut penser à ce que je dois dire aux deux hommes qui voudraient impatiemment me retrouver pour savoir le résultat de mon intervention. Quelle serait leur réaction quand ils savent que je suis revenue les mains vides? J'aurais préféré mourir avant d'accepter cette mission ! Que faire, en plus, avec les sœurs de Hind qui ne me pardonneront jamais, si elles sont au courent de mon aventure malheureuse? »
Le lendemain, les heures étaient longues.
Quand elle a entendu la sonnette, son cœur commença à battre fort. Elle a ouvert lentement la porte et invité les deux hommes d'entrer.
La visite était brève, mais l’ambiance lourde était à son apogée quand
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Ils ont entendu qu'il était impossible de convaincre Hind ;qu’une éventuelle rencontre avec le pauvre poète doit être oubliée .
Elle n’a pas manqué, malgré l’émotion, de demander comment va Damascius/ Ahmed ces derniers jours. Elle a même dit que son nom Damascius à commencé à lui plaire. Les deux frères n’ont pas fait de commentaires .
Ils pensaient que l’échec de l’idée d’installer le contact entre Hind et Damascius, ne détruira pas , pour le moment, leur plan, puisque ce dernier ne connaissait rien de leur projet. Ils estimaient qu’avec le temps et suivant des démarches plus prudentes et efficaces pourront arriver ensemble a réunir les deux et une nouvelle tentative de conciliation serait donc fructueuse .Alors là, on espérera énormément des choses.
Ils ont poliment remercié leur missionnaire embarrassée, visiblement restée émue; puis ils sont sortis, les visages graves.
Damascius qui n'était pas donc au courant de ces efforts. Il ne pensait en rien; fatigué toujours des séquelles du pénible égarement en ville, perturbé par les conditions d‘un séjour imprévu chez des gens agréables , mais il ne les connaissait pas et ignorait encore la signification de leur hospitalité . Tant des choses à découvrir s’il a un peu de lucidité dans l’esprit et la moindre quiétude dans son âme . De toute façon, il était à présent incapable de raisonner ou de comprendre précisément ce qu'on lui dit.....
Triste, déconcerté, instable psychologiquement, comme au premier jour où les deux hommes l'ont trouvé inconscient, presque mort, voilà deux semaines, trois semaines, peut être moins, peut être plus, sont passées, mais il se souvient de rien. …
A leur arrivée, il était assis blotti sur un divan dans la salle de séjour, les yeux fermés. Sans doute pensait-il à Hind, même à rien du tout…
L'espoir de trouver toutes ses capacités intellectuelles était, tout au moins pour le moment, très minime. L'un des deux frères s'est demandé s'il était endormi ou réveillé. L’autre s'est précipité à répondre "Qu’est ce que ça peut faire ? Qu'on le laisse comme il est et on le réveille à midi pour manger !
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Damascius, à moitié réveillée, a participé au déjeuner en silence ; mais il n'avait réellement, au début du repas, qu'un faible appétie, en luttant contre le sommeil. Son visage était fermé et impréci comme une ombre ; il avalait ce qui
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était dans son assiette, sans même se donner la peine d'y regarder.
Le repas s'est terminé rapidement, et les yeux du poète sont restés fixés au plafond ; ses mains, vides du sang, tremblaient; son dos courbé, mais il ne le faisait pas intentionnellement. Puis il' a commencé à murmurer et répéter, mélodieusement, en secouant la tête, le mot: «La Damascène », et quelques phrases incompréhensibles.
Deux minutes après, les deux frères ont compris que ce qu'il prononçait n'était pas de la parole mais de la poésie. . Ils ont pu comprendre le sens de. certains de ses vers, pourtant éparpillés et peu rythmés:
" Aide-moi, ma Ville d'honneur
De l’histoire grandiose
Trouve-moi qui m’envahi
Tels tes corps triomphants !
Prends soin à moi, Damas
Je suis le fils de ton nom
Rends-tu très tendre
Dans tes soins et tes sourires!
Les mieux promis à attendre
Plus que tendrement tendre
Comme la mère et son enfant !
..
Si, je parts et dits adieu
Tu m’enterrera près de toi !
Au vaste de tes plaines
Là où nous étions heureux
Loin des yeux des gens curieux
Aide-moi à m’envoler
Aux brises qu’elle les respirait
.
L’un des frères lui a dit " Voilà le poète arabe Majnoun Leila ليلى مجنون , Symbole de l'amour innocent est arrivé !"
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Damascius n'ayant rien entendu, l’autre frère, un peu gêné par les propos du sien, s'est contenté de faire à ce dernier une grimace.
Entre le sommeil et le réveil, le poète ne voulait que continuer à raconter et revivre son amour. Il murmurait: "Elle reste toujours loin de moi autant que les étoiles, même quand elle est à deux pas de moi" .
Les deux frères se sont regardé mutuellement, avec un grand étonnement : "Devine-t-il de notre tentative de conciliation et son résultat négatif décevant ? . Peut - être c'est l'intuition que les poètes en sont les pionniers. N'est- ce pas?". En fait, tout ce qu'il souhaitait dire, Damasius, c'est parler toujours de son grand amour ; ses vers sont devenus plus clairs et déchiffrables :
Pour toi, j'écris des vers chantants
Je parle aux fleurs des champs perdus
De toi, de moi, de nous les deux
De notre vieux et joli temps
Pour ton amour, j'affronte la mort
J'e monte les cimes de l'inconnu
Je crie, je lutte. à droite, à gauche
Et je me moque de tout remord
De tous les gestes et regards
Des gens jaloux de tous les bords
...puis il a continué à lire des vers en arabe, au même sens et du même rythme, sans y rendre compte :
الجدران في العاصف كالريح يدوخني اليك الشوق
ن الأجفا في النافذ كالرمل يعّذبني عليك والصبر
الأزهار عمر لتقصف أوحالا تمطر وسمائي
الأفكار كل لتفتّت أشكالا يصور والبرق
Cela veut dire, en effet :
L'envie à toi, qui me tourmente…!
C'est une tempête dans ces lieux
Et la patience me fomente
De grains du sable dans les yeux
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Le ciel ne donne que de boues
Qui taillent les âges de mes fleurs !
L'éclat de foudre fait images
Il tue les pensées du cœur !
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Les jours suivant, Damascius est allé beaucoup mieux. Il a commencé à organiser ses pensées, à répondre adéquatement aux questions posées et à faire des phrases aussi éloquentes que ses poèmes.
Les deux frères étaient ravis d'écouter davantage des vers que Damascius
leur fait la lecture, comme il l'a déjà fait, à plusieures reprises, depuis son arrivée chez eux.
Lui aussi, a compris qu'ils étaient attachés à la poésie et qu'ils connaissent largement bien les trésors poétiques et philosophiques de l’esprit arabe et occidental.
Ils étaient deux hommes cultivés, intéressés à son histoire d‘amour, et à sa vie littéraire, pas seulement par générosité, que le poète avait reconnue et tant admiré, mais parce qu'ils étaient convaincus, comme des critiques littéraires honnêtes, que le véritable sentiment poétique est celui qui né des épreuves amoureuses réelles. Dante, Goethe, Shakespeare, Byron, Hugo, Aragon et plusieurs autres donnèrent l’exemple .
Damascius, lui-même, a ajouté, une fois, que l'amour peut faire de simples êtres , fidèles à cette noble passion divine qu‘est l‘amour, des véritables poètes, dans leurs pensées et leurs dires. Par contre, un poète prétendant ou prétentieux dont le cœur n'a jamais été atteint de cette métamorphose n'a pas le droit de prononcer un seul mot d’amour! L’osmose n’y passera pas .
Il leur a dit « L'amour n'est pas toujours forgé des moments heureux, du plaisir ou de la joie, mais souvent de la douleur et de la tristesse... Certes, ce n'est pas très gai d'écouter tout le temps, des gémissements d'un amoureux déçu ou malheureux. …De voir un amant se tourmenter jour et nuit …un poète qui souillait ses lèvres du sang en chantant…Quelqu’un comme moi qui cachais des émotions fortes dans sa poitrine, au bout de son chemin de douleurs…. Mais, c‘est ça l‘amour, c’est ça la poèsie ! »
Damascius le poète, Ahmed l’amoureux, leur semblait, dans ses
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hallucinations et ses idées séparâtes mal organisées, au sommet de ses émotions. Mais ils ont peur que sa tragédie s’agrandisse, petit à petit, et que le volcan de sa poèsie ainsi exprimée puisse affaiblir son cœur, jour après jour,
avec le temps qui passe..
En écoutant ses poèmes, on imagine des scènes de théâtre dramatique au déroulement d’événements émouvants et bouleversants, à un opéra de Wagner en poèmes lyriques chantés avec enthousiasme et engagement spirituel. Le tout avec une force intellectuelle, philosophique et poétique presque inhumaines, jaillie abondamment dans sa tête et dans son cœur.
Il leur a avoué qu'il était timide dans la vie, mais l'amour lui a donné une énergie formidable dans tous les domaines. Il l’a poussé vers l'audace, l'aventure et le défi; Jusqu’au moment où l’injustice a joué contre lui, contre son amour, contre sa poésie, contre sa philosophie, contre ses idées et ses sentiments, comme le philosophe ’ Damascius’ à Athènes , sous l’empereur Justinien, après la fermeture de son Académie, et la disparition de ses élèves ! Comme Dante en Florence , pris dans l‘écumes des partisans , guelfes et fanatiques, obligé d’errer d’une ville en ville …
Il se contentait les dernières années, dit-il, de rêver de Hind, de parler avec son image toutes les nuits, poussé par un appel intérieur lui invitant à se lier avec elle dans un monde des symboles, du mystère, de méditation et de la solitude.
Il a dit " L'amour est mon passé, mon présent et mon avenir. Il apporte la paix à mon âme et à mon cœur. A cause de cet amour, j'aime les gens, les oiseaux, les arbres et les fleurs. Il m'a laissé vivre dans la pureté, de l'éloignement du mal et la fuite du matériel .Je m'identifie à la transparence des anges dans le ciel et à l’innocence des enfants sur terre ; mais je suis devenu , finalement un homme vaincu, sans pouvoir et sans avenir ".
Impressionnés de es réflexions, les deux frères ont essayé d'apporter de leur expérience dans la vie, quelque chose qui puisse apparaître compassant , par rapport aux révélations pénibles du poète :"Vous savez, certains disent que l'amour est capable de vaincre le destin, l’impossible , même quand on est dans la détresse! » . Mais Ahmed ne croyait vraiment pas à çà : " Souvenez-vous des amours de Roméo et Juliette, de Tristan et Isolde, d'Antoine et Cléopâtre, de Kaiss et Leila قيس و ليلى ; tous ces histoires ont abouti , impitoyablement, à la déception et la mort! »….
...Après une minute de silence , il a poursuivi sa réflexion : « IL est vrais que
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ces amants célébrés par leurs histoires tragiques, sont devenus des symboles : Il sont tous vivants encore dans la littérature et la mémoire des gens . Certains furent pardonnés et innocentés de leurs fautes ou de leurs actes, mêmes des plus choquants, ; d’autres pas . Mais tout cela reste lié à leurs destinées malheureuses …D‘ailleurs , les différences des couleurs, des races et des religions des amants, n'ont pas interdit aux historiens ou écrivains de les glorifier, tel Otello de Shakespeare dans la littérature anglaise ou Antarah El - Aabsi العبسي عنترة dans les recueils de la poèsie arabe , et plusieurs exemples encore ; mais ils finirent tous par la mort ."
Ahmed a été vraiment content et satisfait de la compassion de ses hôtes et leurs commentaires sur un sujet qui lui teints au cœur , malgré la divergence de leurs points de vue ; mais il a ajouté sur ce plan : « Notre société a une vision double en ce qui concerne l'amour . Elle accepte, voire apprécie les légendes littéraires de sortes différentes et des niveaux inégaux sur les amours et les amoureux; telles les contes populaires, pleines des expressions de nature brute et grossière quelques fois, plus ou moins vulgaires, plus ou moins osées ; mais cette même société refuse catégoriquement sur le terrain de réalité toute liaison amoureux entre hommes et femmes en dehors des liens des fiançailles formelles et contrôlée , et des contrats secs de mariage ; elle considère toute autre liaison, qui n'obeilli pas aux définitions pré- imposées, comme un "vice"ou un "péché" contre la vertu et les mœurs; bref, une "violation des logos et des coutumes " voire des viols ou prostitutions !.
…. Cette société accuse surtout les poètes , auxquels elle a attribué des
qualifications effroyables, répandus dans le public conservateur ou fanatique ; parce que ces créatures nocives et contagieuses ,disait -on ,agissent contre la religion spécifiquement ; ils poussent la jeunesse à commettre le prohibé " al haraam الحرام ".....
….. C'est pourquoi, a-t-il ajouté , que les amoureux de notre pays vivent une sorte d’ "Immigration psychologique" en lutte permanente avec la société et ses contradictions ...; ils risquent quelque fois de se voir subir toute punition ou humiliation possible .
… Certaines sociétés au Moyen Orient exercent encore , comme au moyen -âge, des punitions des plus terribles comme la flagellation , la lapidation , même la capitation des adultères, surtout des femmes ; bref , tout ce qu‘on puisse leur infliger des punitions anciennes et contemporaines .
… Il est vrai que ces pratiques sont devenues rares et elles sont en train de disparaître , mais elles réveillent la façon dont on voyait certains aspects d’amour prohibés selon certains , pratiqués de fait et secrètement selon d‘autres et dans le même pays !:
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L ‘alternative du consentement social et l’intolérance, du bonheur et la tristesse, de l’ espoir et la déception , de l'obsession et l'hésitation, du courage et la peur, du raisonnement et la folie; résultent tous de cette attitude sociale enracinée, presque inchangeable ! » .
Ici, Damascius s'est senti encore plus faible qu'au début de la conversation, en sa capacité de parler et de réfléchir. Les deux frères étaient aussi conscients de son état de fatigue, ont lui a suggéré de continuer demain la poursuite du sujet.
"Reposez-vous à présent! », ont-ils dit.
Il a obeilli comme un enfant, et s'est penché, les yeux fermés, sur son côté. Il s'est endormi .
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Chapitre 4
Mille mots d'amour
Il fallait plusieurs jours pour que Samiha puisse rétablir ses réflexions et arriver à trouver les moyens d'analyse des faits et des paroles de Hind, la mystérieuse, afin de découvrir les raisons de son échec comme, intermédiaire présumée..
Elle avait le sentiment que, elle-même, a crée un vide dans le ’’ scénario’’ entrepris, imposé un intervalle déplacé dans cette histoire tragique. Elle a manqué, en premier lieu, de faire la connaissance directe et préalable de cette étrange créature de Damascius-Ahmed. Une rencontre préliminaire avec le poète, lui aurait permis, par la suite, de regarder les choses de plus près, d‘élucider la situation et ouvrir le chemin pour une deuxième rencontre avec Hind.
« J’étais vraiment ridicule ! Pensait -elle, en jouant la marionnette ou l'automate idiot, sans âme, sans efficacité, dans cette phase importante au déroulement des évènements! .
C'est pourquoi elle a décidé, avec une forte prise de conscience, d'aller voir le poète, là où il se trouve..
Elle va appeler, aussitôt possible, les deux frères et obtenir leur accord pour rencontrer Damascius chez eux.
Toutefois, au cours de l’entretien téléphonique, ils ont suggéré que la rencontre n’aura lieu que lorsqu'il s'avère que Damascius serait capable d'entamer une conversation normale avec elle, pouvoir répondre utilement à ses
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questions. Elle les a remerciés et s'est livrée tranquillement à préparer son plan d'agir.
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La santé du poète s'est effectivement améliorée, et le rendez-vous avec Samiha est devenu possible.
Dans la matinée d'une journée ensoleillée et agréable, Damascius s'est réveillé un peu tard, mais plein de vitalité, avec le sentiment que son sang a retrouvé le chemin à ses veines et à son visage. Le sommeil lui a fait débarrasser de la peine provoquée par les interminables nuits d'angoisse et de stress, conséquence de ce que les médecins appèlent "mélancolie‘’, selon lui, ‘’de la folie passagère, d’un certain blocage de cerveau ! ’’
La première pensée qu' il 'a eue, au début de la journée, après le bon café du matin, c'était qu'il fallait faire quelque chose, suite à ce rétablissement, même relatif, de sa santé. On ne peut pas imaginer un séjour encore plus long chez des étrangers, quelle que soit la raison.
Donc, Il a surpris ses hôtes, à la fin du petit déjeuner, en leur demandant la permission de partir, et les a remerciés pour leur hospitalité au cours de plus d'un mois chez eux, selon son estimation .
Mais les frères n'étaient pas prêts à l'écouter, parce qu'ils n'avaient pas encore l'occasion de parler avec lui de Samiha, de ce qu'elle a fait chez Hind, et éventuellement de lui suggérer une rencontre avec elle, s‘il la souhaite .
Le problème, c’est qu’ils ont agi à son insu, en complicité avec une femme qu’il ne connaissait pas, à propos d’un sujet dont ni eux, ni Samiha, n’avaient pas le droit d’aborder, sans son accord préalable Or, il faudrait absolument pour eux le temps nécessaire pour lui expliquer tout ça.
Il a hésité beaucoup d'accepter la rencontre avec Samiha… mais il a fini par céder dès qu'il appris qu'elle avait rencontré Hind dans son domicile; sans lui donner plus des détails, surtout en ce concerne son rôle présumé d’intermédiaire qui devait, selon les hôtes, rester secret pour le moment.
--"D'accord. Je vais retarder mon départ de chez vous, si vous préférez, mais uniquement pour une seule journée. . Je suis très confus, et je vous remercie encore une fois pour tout ce que vous avez fait pour moi. Vous me laissez partir après, n'est ce pas?" leur a-t-il timidement demandé.
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Samiha est venu le soir même. En fait, elle a eu beaucoup de difficulté pour maîtriser ses mots et contrôler ses émotions au cours de la conversation... En écoutant attentivement ses paroles, Damascius essayé de se convaincre , dans les circonstances actuelles, de la normalité de cette volonté de Samiha de le rencontrer. Où est le problème? songeait-il. Croyant d'abord que la visite faite à Hind n'avait aucun rapport avec les épreuves de ce dernier temps, il a présumé que c'était simplement une rencontre commode entre deux amies. D'ailleurs, il se souvient que Hind avait énormément de connaissances dans le passé;on avait l’habitude, dans son entourage, par plaisanterie," la maire de Ville" .
Toutefois, il appréhendait quelque chose quand même; surtout lorsque Samiha changea brusquement de sujet et parla d’autre chose que cette rencontre avec Hind. Elle a abordé, en effet un autre sujet, plus excitant peut-être, lui concerne directement et en personne. Elle a dit, tout délicatement et poliment, qu'un"poète" comme lui, doit "sortir au monde " "prendre de l'air dans la ville" "rencontrer des gens." ’’ leur lire de ses poèmes ‘’!
Damascius a, certainement, trouvé que tous ces propos abordés par Samiha étaient étranges, hors de sujet.
Pour les jumeaux qui ont entendu les dites phrases, c’était une gaffe énorme : d’abord, parce qu'il n'était pas un poète professionnel national, bien connu du public, si on peut dire, mais un simple individu, sensible ou, cultivé qui aimait la poèsie et qu'il lisait ses poèmes dans un cercle limité des gens, surtout des amis très proches ayant, eux aussi, un certain échelon de culture ; ensuite, parce que Samiha mis l'accent sur une situation spéciale, touchant en quelque sorte l’état de santé du poète; même en allant plus loin, sa vie privée, surtout ce qu’on doit éviter de parler de son éloignement de la société, sa solitude peu conventionnelle …notamment quand elle prononça les mots « sortir au monde » . Alors, comment ça ? Sortir au monde d'un homme détruit, fatigué, malade comme lui ? Elle a vraiment exagéré !
Damascius était en fait trop timide pour agir vis-à-vis les propos de Samiha, vu sa délicatesse et sa courtoisie ; mais elle a touché, quand même, sa sensibilité et l’a blessé, en quelque sorte….
En fait, les deux frères sont devenus, excessivement embarrassés; parce que c’était eux qui ont permis cette rencontre, et ils regrettent beaucoup que Samiha ait agit de cette façon .
L’un des frères s'est adroitement intervenu pour changer le courent de discussion, en proposant à Damascius de leur lire un de ses poèmes, car il savait que telle proposition lui ferait plaisir toujours, que la poèsie pourrait le faire oublier tout, le transporter dans un autre univers. Damascius chanta :
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Désirée comme toujours
Une cascade lumineuse d'une chevelure lisse noire
Retombait sur les bords des épaules dénudées
Le bruit de la rue, et les gens trop bavards
Empêcha le sommeil qu'elle avait retardé
Allongée comme un ange dans mon lit accueillant
Ses sourires en ballade sur des lèvres entrouvertes
Par moments, j'entendais quelques mots séduisants
Attisant dans mon cœur des passions découvertes
Chuchotant bien doucement, elle voulait une réplique
Sa poitrine sur la mienne et sa bouche sur ma bouche
Quel bonheur de trouver ces moments magnifiques !
Quand la nuit fait berceuse aux amants qui se couchent !
Elle roulait.. se courbait, me laissant embrasser
Sur le dos, sur les fesses, sur les jambes enserrées
Le matin, elle se lève. ;...elle m'appèle, sans cesser
" Viens me voir! Regarde-moi! ....Suis-je toujours désirée ?"
Le sang est monté au visage de Samiha qui n'avait pas l'habitude d'assister directement à la lecture de tels vers aussi osés pour elle ; surtout sur la bouche de quelqu'un qu'elle vu pour la première fois, malgré qu’elle le connaissait du nom et savait beaucoup sur lui, sur son histoire d'amour avec Hind.
En effet, elle a aussi rougi, parce qu'elle imagina que la femme décrite comme "désirée" ,aurait pu, probablement, être Hind, elle-même. Elle ignorait, peut être, que Damascius respectait religieusement sa bien-aimée, comme il a répété à ses hôtes, à plusieurs reprises ; mais la plupart des poètes, ont l'imagination trop large, quelque fois exagérée, pour exprimer certains désires de sub-conscience qui n'avaient jamais été exercés dans la réalité.
Damascius n'a pas remarqué la réaction viscérale mais naturelle de Samiha, et a continué la lecture de ses poèmes dont la plupart parlaient d'amour profond, mélangé des sentiments sensuels et émotions spirituelles ; Bref, des milliers des expressions d'amour. … Pour une seule et unique femme; Hind, bien entendu ..
Les deux frères s'envolaient dans les cieux de l'extase poétique et ont demandé à Damascius davantage de ses chants .
Pendant un petit entracte, Samiha voulait revenir sur charge vis à vis du
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poète. Elle est arrivée, enfin, au but principal de ce q’elle envisageait de cette rencontre, c’est- à- dire comprendre les causes réelles de l'attitude de Hind de refuser tout contact avec le poète, puis essayer de remonter à la deuxième phase : la conciliation entre les deux vieux amants .
. .Malgré les regards prudents, voire réservés et alarmants des deux frères, Samiha n'a pas renoncé à ses intentions d’entamer l'approche ! .
.Brusquement, le poète s'est arrêté et lança, lui-même, une question très naïve à Samiha : "Puisque vous connaissez bien Hind. A t-elle parlait de moi, pendant votre dernier rendez -vous. Souvient - elle bien de moi?"
.Samiha s'est dit dans sa tête : "Voilà le moment souhaité et décisif qui arrive!"
Elle lui a donné la réponse avec un air très sérieux :"Elle m'a même dit qu'elle garde toujours tous les poèmes que vous avez écrits pour elle ".
Le visage de Damasius est devenu rouge . Il dit à Samiha, mais aussi aux jumeaux, que Hind était toujours généreuse et intentionnée ; tout ce que vient d‘elle est beau ; tout ce qu’elle dit; tout ce qu’elle fait . ....
Samiha a été très satisfaite de la façon simple et directe dont on parlait ainsi, ce qu'il a encouragé, de suite, à lui demander de raconter plus de détails sur Hind., personnellement …
Il lui a répondu :
."Elle était d'une intelligence, d’une culture, d’un goût littéraire et d’un bon sens d’analyses politiques et sociales, très développés. Elle avait aussi des perspectives de l'avant- garde, mêmes plus lucides que chez les hommes. Tout ça, avec en plus, gaieté et sérénité à la fois.
Elle se moquait âprement des idées idiotes ou réactionnaires, quelles fussent émanées des hommes ou des femmes, des amis ou des étrangers. …Elle mélangeait la logique de ses paroles avec l'irrationnel de ses sentiments amoureux. Sa tranquillité assez froide dans son apparence se fondait dans l'éruption permanente d'un volcan caché dans sa poitrine; sa plaisanterie en ses propos et ses commentaires ne semblaient jamais contraire à l'acuité de ses actes, et la sérénité de son comportement; seul Dieu peut savoir ce qu'elle pensait ou de ce qu'elle sentait. …
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Mais avec moi, elle était dévouée, tendre et transparente; ses regards m'anesthésiaient comme la touche d'une main maternelle sur le front d'un enfant qui pleurait. Sa voix grave et rassurante comblait mes oreilles et mon cœur.. .....Ses lettres et billets, denses et ponctuels avaient l'écriture élégante et le contenu intense et clair.
A chaque fois elle s'approchait de moi, pour me parler ou chuchotait, j'avais le sentiment que la vie était réduite au temps présent seulement, ni un
passé avant nous, ni un avenir devant nous; mais le moment de bonheur et de paix où nous vivions.
Joyeux propos sortant des lèvres,c'estl'extase
Derrière la douce tonalité de ses phrases
Des mots d'amour en un lyrisme épatant
Quelle harmonie ! Quel merveilleux talent latent !
Je ne voyais que la douceur de ses sourires
Je n’entendais que les échos et les soupires
Que la tendresse de ses paroles et ses regards
Et l’émotion qu’elle réservait à mon égard !
Elle était très loin des prédictions et des espérances rêveuses. Son réalisme logique pouvait agacer chacun, le laisser méditer et réfléchir ; mais il s'averrait toujours, après tout , qu' elle avait raison et que ses attitudes pertinentes m’amenaient toujours aux bords de la sécurité .
Ses gestes significatifs justifiés et ses sourires disponibles à tout instant, me fascinaient ; sa capacité d'écoute et de participation, me donnait toujours la confiance et m'enrichissait du moral et d’espoir .
-- " Était - elle belle de corps aussi ?" Samiha dit.
Peut être, exigera-t-elle de lui demander ainsi d’exprimer, de présenter des révélations intimes , très personnelles. Or, quand on pose une pareille question , très féminine d’ailleurs, à quelqu’un dans les circonstances et l’ état actuel du poète, on se demande si elle n‘a pas perdu la tête; mais, lui, ne semblait pas de tout dérangé ou intimidé par telle question . . Au contraire , il aimait parler de toute chose pouvant concerner sa créature bien-aimée.
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« Pour moi, dit -il , elle était la plus belle des femmes au monde, mais je la regardais uniquement avec l’œil de l'imagination d'un poète amoureux : les éclats de ses yeux noirs; ses lèvres restant entrouvertes après chaque phrases, prêtes à faire un sourire ou une exclamation ; sa petite poitrine qui montait et descendait en harmonie avec ses propos. Ce sont des images réelles ou virtuelles qui montaient dans ma tête et me transportaient souvent dans un autre monde; au point qu'elle disait quelques fois : " Tu m'écoutes pas ! Tu me regarde seulement " Et je devins assez honteux et embarrassé!. »
« Quand elle marchait dans la rue, ses pas légers et rapides, son allure d'une femme tant pressée, ne laissaient au gens curieux ou avides du charme féminin, aucune chance d'avoir le temps de contempler son visage ou mesurer son corps. Elle s'habillait presque tout le temps en noir, ce qui donnait à sa silhouette un attrait inouï et une agréable minceur. Elle était très proportionnée du corps et toujours très élégante, en dépit de son choix recherché des habits des plus simples . C'est ainsi qu'elle gardait habituellement une apparence distinguée, facile à reconnaître de loin ! ».
« Comme elle avait d’habitude des trais souriants , un esthète peut distinguer de très loin sur son visage des sourires beaucoup plus que si elle avait le visage plat ou crispé, un phénomène rare dans son cas ! »
Samiha , séduite de cette description minutieuse hors de commun, elle voulu continuer l’écoute, mais elle pensait qu’elle faudrait mieux poursuivre , sans relâche, son investigation , pour ne pas perdre l‘occasion . Elle lui dit , le regard furtif, craignant une nouvelle réaction des frères jumeaux ::
" Vous avez bien parlé de son caractère et de sa beauté , mais qu'elle était son attitude vis à vis de l'amour proprement dit, en tant qu'une femme orientale? "
Il a répondu avec un air posé, peu empêtré :"C’étais moi qui l'avais invité à entrer dans l’univers de l'amour, à participer avec moi les faveurs que la nature et la créativité nous ont accordées pour une existence meilleure. C'était ainsi qu'elle se sentait justifiée, comme une femme orientale, d‘avoir la qualité et la vertu d‘une femme véritablement amoureuse " puis il a chanté, tout en fixant ses yeux au visage de Samiha qui mordait légèrement ses lèvres :
Crois-tu que l'amour n'est pas pur ?
Que les larmes des amants étaient veines?
Leur appel au bonheur, c'est l' injure?
Que Satan , dans le vice ,les entraine?
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Vois les oiseaux se rapprocher
Et par les becs, et par les ailes
Les capucines se chauvecher
Sous envolées des hirondelles
Rien n'est fait sur la terre sans amour
Et les anges dans le ciel sont témoins
Les baisers , les sourires, en retour
Et la flutte qui chantait dans le coin
Les missionnaires venus du Dieu
Ont accordé tant de promesses
Aux amoureux de tous les lieux
Qu'ils soient privés de leur détresse
C'est ça l'amour Samiha ! C‘est le fondement de la vie, de la reproduction, de l’expansion des religions, des muses de l’homme de toute sorte : peinture , musique , littérature , poèsie. Si la femme orientale fait l'exception en ce qui concerne l’amour, dans certains de ses aspects , corporel compris, et elle manque d’avoir l’envie ou éprouver le penchant d’en participer, amplement et profondément , ce n'était pas, le plus souvent, sa faute . Ce sont les hommes qui en assument la responsabilité , et en retour, ils seront eux- mêmes qui assument les conséquences . Ils seraient, de fait, privés de la tendresse réelle , honnête et durable de leurs femmes !
Après sa réflexion, Damascius est resté silencieux pendant quelques minutes . Il pensait surtout au sort que la structure sociale avait réservé à Hind , comme la plupart des épouses, dans les milieux très conservateurs .
-- "Pourquoi vous vous êtes séparés donc ?" Samiha lança ainsi sa dynamite qui devrait extraire la réalité des tréfonds du pauvre poète.
Les deux frères étaient ébahis, mais Samiha, devait, selon elle, arriver à son but final par tous les moyens. Ahmed soupira , et resté immobile quelques instants;ce n'était pas pour réfléchir à une réponse adéquate à son interlocutrice , trop bavarde en fait , mais pour écouter ses douleurs intérieures qui ont commencé à s' agiter dans sa poitrine .
Il avait mal, comme un enfant blessé .Il était incapable, en effet, de continuer la conversation, sans montrer ses douleurs . …
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Samiha a dû quitter les lieus, deux minutes après, avec les regards incompréhensifs des deux frères et un sourire innocent et bref du poète ...
Et la rencontre souhaitée avec Hind?
Elle est restée dans l'interrogative.... pour le moment.
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Chapitre 5
Deux cœurs brisés
Les deux frères hôtes ont essayé après le départ de Samiha de prolonger le séjour de Damasius chez eux, même pour deux ou trois jours, le temps qu’il faut pour tenter quelque chose que leur amie fidèle n’a pas pu faire . Mais le poète a insisté, avec toute la dignité d‘un homme de certaine culture et de bonne éducation, à quitter les lieus, puisqu’il a maintenant, à son avis, l‘autonomie de volonté et la capacité d‘agir..
Le climat à cet instant était vraiment lourd et triste.. Les jumeaux sont restés dans l’embarras. Ils ont dessiné avec Samiha un plan précis pour rapprocher deux individus séparés par la puissance incontinente du destin, et de rassembler les éclats de la vie déchirée de ces vieux amants. Alors, s’il est parti maintenant sans laisser d’adresse, comment peut - on le retrouve après ? Qu’est ce qu’ils vont dire à Samiha qui attendait d’eux une réponse, s‘ils ont perdu ses traces ?
Ce qui les inquiétait en plus, c’était qu’ils ne savaient rien sur la question des ressources personnelles de vie de Damascius, pour l’immédiat tout au moins. Ils ont présumé qu’il avait, sans aucun doute, suffisamment de l’argent quand il est retourné du Canada ; comment pouvait acheter son billet d’avion ?
Cette question d’argent n’a pas été invoquée par lui pendant son séjour, sauf qu’une seule fois quand il disait qu’il ne s’intéressait plus à ce monde matériel et cela depuis longtemps ; mais ça ne voulait pas dire qu’il n’avait rien pour survivre, même le strict minimum, pour satisfaire aux besoins préliminaires d’existence, surtout pour éviter de mourir de faim.
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Seulement, quand il a aperçu qu’il a un nouveau costume et une belle
cravate, il a dit qu’il ne se souvenait pas qu’il avait récemment acheté quelque chose, ni combien il a payé. Bien sûr, les jumeaux n’ont rien dit qu’ils furent allés ensemble pour acheter ces vêtements, et que c’était eux qui ont réglé le prix à la caisse, en imaginant qu‘il n‘avait que ses habits sur lui, devenus crispés, un peu sales .. .
Les apparences sont restées quand même mystérieuses. Damascius, selon eux, menait effectivement une double vie, tout au moins depuis qu’il est venu chez eux ; c’est un homme très inégal; quand il est bien éveillé, il est presque normal, sauf que sa mémoire reste défaillante pour les choses qu’il les considérait, inconsciemment sans doute, peu importantes ; mais quand il est atteint de ses crises de stress, il devient une autre créature. Il oubliait de se raser, de manger, de changer ses affaires de temps à autre, de savoir comment écouter les gens, de leur parler raisonnablement, de prendre une décision quelque soit ; bref, d’exercer tout ce qu’un homme ordinaire pouvait faire, délibérément ou automatiquement, dans la vie quotidienne.
Ils ont fini, quand même, avant qu’il soit parti, par se donner le courage de lui proposer, très délicatement, quelques billets d’ argent. Il ne les a pas montrés aucune réaction émotionnelle d’embarras, aucun sentiment d’humiliation ; au contraire, il avait l’air indifférent; pas le simple étonnement, pas la simple inquiétude ..
En effet, il a pris cette proposition comme un geste d’amitié très familier ; il les a calmement répondu qu’il avait assez de l’argent ; Car, il avait déjà obtenu une certaine indemnité quand il a quitté son travail au Canada. Or, quand il est arrivé dans le pays, il n’a jamais pensé qu’il y aura un manque d’argent, pendant longtemps. La situation maintenant est toujours la même, parce qu’il n’a pas dépensé depuis beaucoup ; ça ne pose pas, donc, de problèmes ni pour le présent, ni pour l’avenir. Il n’a pas osé de montrer à ses hôtes qu’il avait habituellement son portefeuille comme tout le monde, mais ils ne l’ont pas aperçu sans doute .
Il a ajouté que ses deux parents sont malheureusement morts pendant son absence et qu’il a appris cette triste nouvelle seulement après son retour. En fait, il ne les avait pas donnés d’adresse, ni à personne, d’ailleurs. Mais il écrivait uniquement à eux parmi tous les proches ou les amis vécus dans le pays au cours de sa vie précédente.
Il a dit aussi à ses hôtes qu’il y a, sans doute, des procédures d’héritage et, peut être, quelques affaires à régler avec l’administration ; mais il ne fera rien pour le moment. Le cas échéant, il pourrait désigner un avocat pour liquider la succession et achever toutes les formalités nécessaires..
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Il leur a finalement dit avant de partir : « Tout ça est superficiel. Je ne suis pas tellement intéressé à l’argent, vous savez ? »
Il les a quittés en souriant, après qu’il les a promis de leur donner de ses nouvelles, très prochainement.
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Les jours suivants, les deux jumeaux tentaient, en veine, d’oublier les souvenirs récents et les émotions que le séjour du poète eu suscité dans leur existence tranquille. Ils étaient célibataires, vivaient ensemble, étudiaient ensemble, sortir ensemble, depuis toujours; mais dans des conditions spéciales de solitude délibérée, consacrée, en dehors du temps de travail, aux lectures et divertissements culturels...
Ils ont téléphoné à Samiha pour lui annoncer le départ inattendu de Damascius de chez eux. Ils ont parlé aussi de sa promesse de les mettre au courant de l’évolution des événements, malgré qu’il n’ait rien de précis ou quelque chose de planifié pour son avenir. Samiha leur a répondu qu’elle était tellement déçue; mais elle les a assuré qu’elle restera toujours disponible pour faire quelque chose s’ils avaient besoin d’elle.
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Trois mois plus tard, les jumeaux ont lu sous la rubrique des faits divers d'un journal, qu'un homme d'une cinquantaine d'années a essayé de mettre fin à sa vie, en absorbant des calmants très forts, dans un petit hôtel de l'Ancienne Ville, et qu'il a été sauvé d'urgence.
"Il pourrait être lui", s'est dit l'un des frères avec un air alarmant ; l'autre, plus calme, a proposé d'agir après bien réfléchir : Où faut-il se renseigner et, de quel titre ?Parents, proches, des simples amis? Où il faut chercher, s‘il est sorti des urgences.
Ils souhaitaient, surtout, qu'il n'avait pas quitté la ville, n'était pas entré dans un hôpital inconnu, dans un quartier lointain. . Il fallait trouver ses traces tout de suite, avant qu 'il ne disparaisse définitivement dans une ville de trois et demi-millions d'habitants, où il ne voulait rencontrer personne de son passé.
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..Dans plusieurs rues de l’Ancienne Ville, ils ont questionné les propriétaires d’habitations, les concierges des nombreux hôtels, sur le passage d’un homme qui s’appèle Damascius, nom ou prénom, ils ne savaient pas ! Personne n’a donné une réponse affirmative.
Ils ont adressé questions en plusieurs formules à d’autres personnes dans les rues : des passagers, des commerçants, des jeunes, des vieux …autour de l’accident subi par un homme de cinquante ans ; en décrivant plus ou moins la personne … mais la réponse était toujours la même: « Nous n'avons entendu de rien, surtout d’un nom comme ça ! » Ou « Nous n'avons pas aperçu un type de ce genre dans le quartier! » .
Malheureusement, les gens ne s'intéressent pas à se rappeler des visages des individus égarés, quand ils sont bizarrement habillés, d’une allure trop banale, surtout pour ceux qui sont étrangers à leur quartier. Quelque fois, ils les chassent carrément et sans ménagement. Ces misérables sont dans la plupart des cas, bafoués, brisés, offensés ou insultés …
Si c’est le cas de Damascius, ils ont regretté qu'ils n'avaient pas demandé à lui son nom complet d'origine, surtout son nom de famille; parce qu'ils n'ont jamais pensé pendant son séjour chez eux, qu'ils auraient un jour besoin de ces détails, pour éviter qu’il saurait un sort pareil .
Il est possible qu'il n'ait pas des proches en ville après la mort de ses parents. Il est possible qu’il n’avait jamais d’enfants ou petits-enfants . De toute façon il n’a pas parlé de progéniture en général ..
En outre, peut-être qu’il ne souvient pas de son véritable nom, et qu’il ne donne que son pseudonyme, ‘’Damascius‘’ ; alors là, ça serait le comble, parce que personne ne le reconnaîtrait de ce nom, sous cette appellation grecque, dans toute la ville.
La plupart des malheureux de son genre, oublient dans leurs tourmentes misérables, pas seulement leurs noms ; mais aussi bien tous les détails qui peuvent aider à découvrir leur identité.
--« Tout ça est à cause de cette femme qu’il aimait, de la rupture avec elle, de toutes les doléances et le chagrin qui en résulte ! » Commentait -il l'un des jumeaux.
L'autre a immédiatement répondu:"Mais c'est un autre sujet. Laissons-nous dans notre problème de recherches maintenant ; et assez de pessimisme et de plaintes inutiles. Je t'interdis d'inventer des arguments, des prétextes ou des
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idées aussi divaguées et dubitatives. N'oublions pas que nous avons encore tant des possibilités . Nous avons Samiha qui pourrait demander à ses connaissances de l'époque, éventuellement à des proches encore vivants, s’ils existent, des détails sur son identité …Voilà la méthode d'agir, à présent, d'une façon pratique et fructueuse! »
« En fait », a-t-il poursuivi ses réflexions « nous étions égoïstes jusqu'à présent. Nous n’avons cherché en lui que le côté poétique, ce qui nous intéressait seulement en négligeant complètement sa personne, son identité.. Il était pour nous un simple recueil de poèmes ou une oeuvre littéraire. Détaché de la réalité du monde concret ; un rêve donc, pas une matière réelle de dimensions humaines… Tu as oublié, sans doute, de ce qu'il nous a dit, une fois, que l'amour ne sourit pas aux égoïstes? Nous sommes donc des égoïstes et nous connaissons pas l'amour !"
Ils se sont directement dirigés, après cette longue discussion fraternelle, vers le magasin où travaille Samiha, sans même la prévenir avant , vu la gravité de la situation, selon eux .
Elle n'était pas surprise de leur arrivée, de cette façon imprévue étrange ,aux heures mêmes de travail . Elle savait qu'ils retourneront pour la rencontrer, un jour ou l' autre, à propos de Damascius et ses péripéties problématiques ..
- « Nous voulons savoir certains détails sur son passé, afin de retrouver ses traces en urgence .. Il est en difficulté maintenant et c'est notre devoir tous, de ne pas le laisser crever dans la solitude , subir des ennuies physiques ou morales de plus. Nous ne voulons pas nous sentir redevables d'ingrat, après tout ce qu'il nous a offert de son âme et de son cœur. C'est un homme de passion, de sensibilité extrême, de valeurs nobles et pures.. Il faut le sauver »
- « Je vous comprends bien ; mais la seule source de renseignements reste Hind, elle-même, et éventuellement ses sœurs. Mais, la première ne voulait pas renouer le contact avec lui, et je suppose qu’elle voulait rester tranquille et ne pas répondre à des interrogations . . Il reste d‘ essayer avec ses sœurs , mais je ne peux pas vous garantir le résultat, car elles gardent encore la haine et la méfiance envers lui. Elles ne seront que négatives sur ce sujet, .peut être, s‘il s‘agi de vie ou de mort…. ; mais je connais certaines choses qui peuvent vous aider dans vos recherches .Je n’ai pas le temps maintenant de parler de tout ça. Venez ce soir chez moi et on discutera toutes les solutions possibles . » a-t-elle conclu en souhaitant s‘occuper de son travail .
Les deux jumeaux lui ont fait un sourire comme en réponse à cette proposition qui égaya leurs visages .
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Le soir, Samiha leur a rassuré un peu sur l’avenir, en révélant certains secrets qu’elle avait entendus sur la langue des sœurs de Hind ou par d'autres personnes.
« Certes ,a-t-elle dit ,le passé nous donne quelques indices : Le lien entre les deux amants a duré trois ans à peu près;or, c’était , pour tous les deux, une sorte de vie parallèle ; chacun avec son époux et sa vie professionnelle ; mais ils vivaient en même temps leurs sentiments d’amour cachés à tout le monde , sauf pour un nombre très réduit des amis, choisis minutieusement entre ceux qui les fréquentaient dans le cercle conjugal ! ».
« Ils avaient aussi, des endroits secrets, réservés à leurs rencontres éphémères, soit en promenades à pieds tout seuls, soit pendant des entrevues organisées hâtivement dans les domiciles de leurs amis communs sélectionnés
Tout ça était du passé lointain, révolu maintenant; surtout que leurs relations avec leurs amis, ont roulé en ralenti les derniers mois de leur amour, il y a déjà plus que dix ans ! »..
« En fait ,leurs rencontres étaient devenues courtes et espacées, et ces rares amis privilégiés qui connaissaient leur histoire, se sont éloignés d'eux, soit par peur de son mari ou des membres des deux belles-familles au courent de ce qu’on appelait ’’ scandale’’ de l’époque, soit pour d'autres raisons personnelles; ce qui rend très difficile de les retrouver maintenant » .
« Concernant les sœurs de Hind , il n’y a rien à espérer . Elles avaient exercé, d'ailleurs, à cette époque, une sorte de blocage envers leur sœur en contrôlant en permanence sa vie privée quotidienne et mêmes ses amies ou ses visiteurs, par des visites surprises ou par des appels téléphoniques interminables. Elles ont continué à faire ça pendant des longues années; et elles sont maintenant capables de revenir immédiatement à ces procédés sévères et étouffants, dès qu’elles apprennent le retour d’Ahmed . Elles ont dit une fois à Hind « Nous allons poursuivre les ombres de ce poète maudit partout, le dénoncer à la police, arracher ses yeux, l’insulter, et le tuer ! »
« La pauvre femme mal aimée par ses sœurs et par son mari ; impliquée ou accusée à tort ou à raison, a passé une année difficile, entre le temps de la rupture discrète avec Ahmed et le mariage de son mari . Elle n’ était pas seulement assiégée dans son domicile, mais qualifiée par ses sœurs, des termes odieux , comme ‘’ épouse récalcitrante’’ ou ’’ abandonnée ’’ selon les circonstances; parce qu’elle a commis, selon elles, des actes aptes de la laisser subir les conséquences de ce qu'on appèle ’’ le pêché capital d'adultère ‘’ sans vérification et sans aménagement; en se basant principalement sur des rumeurs. »
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« Elle avait tellement peur, ce temps là : peur pour lui, beaucoup plus que pour elle. En conséquence, elle a décidé d'épargner Ahmed de payer seul le lourd tribut de leur relation qui était, à l’époque , presque platonique; car, au début ,elle n’avait avec lui qu’une sympathie privilégiée , une relation d’admiration et de compassion. Il est vrai que cette relation distinguée s’est transformée ultérieurement, à cause des fautes répétitives de son mari et de ses sœurs, en un lien sentimental émotionnel, sans avoir eu, à ce stade aussi, des rapports corporels, si on exclut des rares baisers sur le visage ou, quelques fois, par détournement clandestin, et très rarement, sur la bouche. ! »
« Elle vivait ainsi, pendant la dernière phase de la vie commune avec son mari, dans un climat insupportable de méfiance, de dédain, de négligence et des bagarres ininterrompues, quelques fois sans aucun rapport avec cette histoire de boycottage avec Ahmed… Elle a finalement dû mettre fin à tout rapport avec le poète, et s'interdire, une fois pour toute, de le rencontrer, même à l'extérieur, chez les amis ou dans la rue »
« Le comble c'était que son mari, qui avait épousé une deuxième femme, chose peu exceptionnelle ,mais toujours valable et possible légalement et religieusement, sans prévenir personne, refusa le divorce avec elle . Hind lui suppliait inlassablement de la libérer, en veine . Il fut resté indépendant avec sa nouvelle femme, tandis que Hind garda le domicile originaire du mariage »
« En effet , son mari n‘a pas accepté le divorce, volontairement et injustement, parce qu’il voulait profiter entièrement des règles applicables de droit et des coutumes du pays permettant la polygamie , avec tout ce que cela pouvait produire des abus arbitraires et grossiers pour la femme ! »
« Or, comme avocat de métier, il a aussi trouvé les moyens, avec les sœurs complices, de visiter régulièrement Hind , à même dans son domicile où elle restée après le mariage du mari ,ce qui était légal aussi, sans oser, quand même, de demander des rapports sexuels avec Hind qui, par réaction légitime d’amour-propre et de dignité, lui a annoncé son refus absolu dans ce domaine, malgré que la polygamie lui accorde ce droit corporel »
« J‘ai entendu de certaines personnes, pas des sœurs de Hind, qu’ après le mariage du mari, de quelques mois, les deux amants avaient des rencontres secrètes de nouveaux, et mêmes des rapports intimes ; mais on ne connaissait pas ni les conjonctures de ces rencontres, ni les endroits de leur avoir lieu »
« Le mari très rusé, même s'il a soupçonné l'éventualité de ces rendez-vous secrets, a continué d’exercer ses habitudes du contact régulier avec Hind , sans réagir comme les autres maris dans ce cas de soupçon d’infidélité, de se séparer d’elle, poursuivant ce comportement bizarre , contraire au coutumes viriles
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Orientales, comme rien n‘est passé. En fait, il avait préparé soigneusement tout ce qu'il fallait pour ne pas être obligé légalement de divorcer avec Hind à cause d’une une séparation prolongée. Encore un procédé immoral perfide, pour empêcher Hind , dans toutes les conditions et pour toujours, de rejoindre son amant, avec un remariage légitime ! » .
« Quant au pauvre poète, complétement désespéré, a dû disparaître de la ville pour ne pas faire encore mal à Hind, à cause de leur lien devenu définitivement compromettant . Il a voulu, surtout , éviter de provoquer une situation de plus en plus caractérisée par des complications juridiques et par un différent prolongé entre Hind et sa famille »
« On a appris , deux ou trois mois après, qu'il est allé d'abord en Europe où il est resté quelques années, puis au Canada pour travailler dans une entreprise française là-bas »
« Hind a continué à vivre, pieusement et tristement, après cette fin douloureuse de sa relation avec Ahmed, sans garder aucune remontrance ou rancune, ni envers son mari, ni avec ses sœurs. Elle a même demandé à une nièce, avec l'approbation de ses sœurs, naturellement, de vivre avec elle ; cela était nécessairement bénéfique pour deux raisons : ne pas rester seule d'un côté, et anéantir tous les préjugés, les soupons ou les rumeurs des gens, proches ou étrangers, de l'autre côté »
« C'est pourquoi », Samiha a-t-elle répété, «qu’ elle ait évité que les deux sœurs soupçonnent l'éventualité d'un contact quelconque, de tous les bords, par tous les moyens de communications avec Damascius, qui était déjà parti, même par des lettres. Quant à la jeune nièce qui l'accompagne toujours, on est sûr qu'elle ne dirait rien de tout ce qui passait avec sa tante si elle a eu connaissance de quelque chose, ni aux sœurs ni à d'autres personnes, parce qu'elle adorait sa tante et elle ne ferait jamais du mal à elle »
Samiha est arrivée à une conclusion :
« De toute façon, Je préfère, pour le moment, de ne contacter personne . Je vous propose de ne pas chercher, surtout pour le moment, à revoir Hind . Il faut savoir d’abord où se trouve Damascius , et lui demander s’il est d’accord pour qu’on voit Hind. Dans ces conditions seulement, ,je peu aller chez elle et lui aborder tout ce que vous voulez;; mais cette fois là avec un de vous-même ; car vous connaissez mieux que moi les péripéties de l'existence de Damascius, ce dernier temps; vous appréciez mieux ses pensées; vous comprenez mieux ses intentions et ses dires, surtout ses capacités de prendre des décisions importantes concernant sa vie .etc.…etc. »
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« Ainsi , peut - on connaître définitivement l‘attitude finale de Hind et le sort de Damascius ..! »
« .D'ailleurs, il n'y aura aucun problème actuellement pour Hind concernant une éventuelle visite, si vous l’estimez bonne, contrairement à ce que je pense , ou si on a trouvé Damascius et pris son accord pour rencontrer Hind ; car, j’ai appris qu’elle a obtenu depuis certaines années le droit de se voir visitée par toute personne, sauf Ahmed ,suivant la dernière volonté de son mari jaloux , mais qui a fini de délaisser ses exigences et spécialement de ses sœurs impitoyables qui ont cédé aussi avec l’avancement de l’âge de leur sœur et l’interruption des nouvelles de Damascius se trouvant au Canada, à coup sûr, depuis longtemps. »
L'un des deux jumeaux a répondu affirmativement en soulignant l'autre avec sa main:"Youssef va vous accompagner chez elle . Il sait mieux parler que moi". Samiha a trouvé curieux cette différence entre les jumeaux , parce qu’on les prends d’habitude comme une seule et unique personne, dans deux corps différents ! Peu importe tout ça .
Les deux frères sont partis après avoir l’assurance de Samiha de les informer , le plus tôt possible, de toute évolution et tout autre renseignement possible .
La balle maintenant est entre les mains de Samiha .
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Chapitre 6
Le monde est sa patrie
Un matin, vers sept heures, avant de partir au travail, Samiha a voulu avoir Youssef au téléphone, mais c’était l’autre frère qui a répondu. Peu importe, elle voulait simplement dire aux deux frères qu’elle a eu une nouvelle idée à débattre avant recourir à la rencontre proposée avec Hind.
« Hier soir, j’ai passé par le quartier situé entre Bab Touma ( porte de saint Thomas )et Bab Charki (Porte de l’Est ) et rencontré une amie chrétienne qui habitait près de la grande église orthodoxe de sainte Marie المريمية الكنيسة très longues années auparavant. . Elle avait travaillé, dans ce même quartier, comme comptable avec une société commerciale dont le nom ressemblait à celui de la société où Hind travaillait, et elle travaille encore. Par chance, j’ai appris de cette dame que les deux sociétés appartenaient, à l’époque, au même groupe »
« Alors j’ai pensé qu’elle aurait, peut-être, rencontré un jour Hind dans les locaux de ce groupe. Avec mon grand étonnement, elle m’a confirmé, qu’elle se souvient, en effet, de ce prénom, même qu’elle avait vu cette femme une fois de loin, dans le bureau d’un collègue, discutant avec lui une affaire de comptabilité. Elle l’a trouvée belle et élégante, mais elle n’avait pas eu avec elle de contacts professionnels. Le soir même, elle l’a aperçue dans les alentours de l’église, marchant avec un homme étranger au quartier.. .
« Une semaine après, elle les a vus, tous les deux, encore une fois, à la même heure et au même endroit ; puis, à chaque semaine, c’était la même chose … Leur allure et la fréquentation régulière de leurs rencontres dans le quartier, lui a donné l’impression qu’ils étaient vraisemblablement deux amants
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qui se rencontraient dans ces lieux, loin des autres quartiers, pour fuir les gens
qu’il connaissait et pour cacher leur relation »
« Pendant le mois suivant, elle les a aperçus, deux fois encore, près de la chapelle bâtie dans l’ancien mur de Damas, مار كنيسة où se trouve même à présent la fameuse fenêtre du saint Paul, sauvé par la population damascène de ses ennemis romains. Puis, elle ne les a jamais plus rencontrés »
« En effet, me suis -je dis, après avoir entendu ce que la dame m’a raconté, qu’il serait possible qu’on trouve Damascius dans ces mêmes endroits du quartier chrétien ; comme par exemple, la chapelle de saint Paul ou les autres monuments du côté, généralement fréquentés par des touristes étrangers. On ne sait jamais; peut - être que Damascius vient, lui aussi, visiter ces endroits, pour se balader et par nostalgie »
Les deux jumeaux ont trouvé géniale cette idée de Samiha, bien que sa réalisation demande du temps ; mais, il ne faut pas négliger toute hypothèse qui puisse les conduire à Damascius..
Tous les trois ont commencé, ensemble quelques fois, séparés à d’autres, à compter de ce jour là, leur recherche sérieuse dans le quartier chrétien, presque quotidiennement, à des heures différentes selon leur travail.
Une fois, les deux frères se trouvaient sous la fenêtre de saint Paul, et ils ont aperçu une religieuse d’un certain âge venant de sortir de la chapelle. Ils se sont approchés d’elle pour demander si, par hasard, elle avait vu un homme aux caractères qu’ils lui ont brièvement décrits. La religieuse a, tout de suite, changé la direction en faisant demi-tour et les invités à monter dans la chapelle pour parler de l’homme recherché.
La religieuse était, en effet, d‘une gentillesse extrême et avait une dense culture. Elle leur a raconté qu‘elle croisa cet homme, il y a quelques semaines, assis sur un banc dans la petit cours intérieur de la chapelle. Elle lui demanda si elle pouvait lui donner des renseignements sur ces fameux lieux. Il s’est d’abord présenté sous un nom de’’ Damascius‘’; ce qui attira la curiosité de la religieuse.
Ce nom, Damascius, s’est-elle interrogée, n’est pas utilisé en commun à l’heure actuelle, avec cette résonnance grecque ancienne ; tout au moins pas dans ce quartier.
- « Personne ne s’appèle ici Damascius » A-t-elle dit, mais elle a pensé qu‘il voulait, peut-être, rappeler le philosophe grecque vécu sous Justinien, au sixième siècle !
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Il a bien compris les allusions de la religieuse, mais il a fermement
Répondu : « Ma sœur, mon nom est Damascius ; je n’ai pas un autre nom ! »
« J’ai trouvé ça très curieux, a -t-elle ajouté, mais je n’ai pas insisté. Je lui ai demandé s’il voulait bien m’accompagner à l’intérieur de la chapelle où nous avons entamé une longue discussion sur plusieurs sujets qui touchaient à la religion en général, la justice et la tolérance, l’histoire des civilisations et d’autres thèmes différents…. Il m’a donné l’impression, dans le développement de ses sujets, qu’il était clairement influencé par la philosophie néo- platonicienne et qu’il incarnait en quelque sorte Damascius, lui - même, qui enseignait cette discipline à Athènes et à Alexandrie, il y a plus de quatorze siècles ! »
« Il m’a dit qu’il n’était pas vraiment un religieux pratiquant, mais quelqu’un de spirituel, pas plus ; et il m’a cité une phrase de l’Épître aux Romains « Ceux qui vivent selon la chair, désirent ce qui est charnel ; ceux qui vivent selon l’esprit, ce sont des spirituels. C’est pourquoi, a-t-il dit, qu’il était adepte des dires d’ibn Ärabi العربي بن الدين محيي sur l’unité de la foi et l’égalité entre les religions, et de «l’intellect unique » d’Averroès. Il a invoqué aussi « la théologie de l’amour », chère chez les prêcheurs chrétiens, l‘« Amour divin ! » الالهي العشق du soufisme d’Ibn El Färed الفارض ابن la spiritualité selon Al- Fârâbî الفارابي ( mort à Damas en 950 ) et d’autres sujets disparates mais intéressants: la ’’Comédie divine ‘’ de Dante, les péripéties malheureuses de Galilée, abjuré devant l’Inquisition … »
« Il a surtout parlé de ce que lie l’homme à son Créateur. Il a dit que cet amour envers dieu est basé sur la confiance que l’homme lui exprime par l’adoration, et qu’il admet, par conséquent, la fatalité ou la volonté divine que le Créateur lui impose, sinon il ne trouvera pas la paix dans son cœur. Cela est appelé « foi » et elle n’est pas différente sous les yeux de toutes les religions. ! » Il a ajouté « que cet amour universel envers dieu n’était pas l’œuvre d’une seule religion, d’un seul prophète. Elle est le produit de la conscience et la culture humaine développée à travers les naissances consécutives des anciennes civilisations de Mésopotamie, et les autres civilisations plus anciennes encore en Syrie, en Palestine, et à la presqu’île arabe. ! L‘évolution ultérieure sous la cité d’Athènes et l‘empire romain, puis dans le monde musulman a ouvert la porte en Europe de continuer le progrès qui n’était que la suite des premiers principes! ».
« Pour moi, comme religieuse, ce qui importe dans ce qu’il a dit sur la religion et la philosophie, c’était que ce personnage ne dissocie pas entre sa patrie, qui est selon lui ce qu’on appèle geographiqement terre d’Arabia, petite et grande, dont la Syrie fait partie, depuis plusieurs milliers d’année, et le reste du monde. Il a dit « C’est sur cette même terre est née la trilogie des religiosités monothéistes. Les trois livres sacrés ont cité ou décrit les principales
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régions, les grandes villes et les différents peuples ou tributs qui vivaient sur cette terre civilisée. N’était pas la Genèse qui avait dit que le Tigre et l’Euphrate sont les deux bras du fleuve d’Eden ? Ce n’était pas Jérusalem qui était sacrée par le Coran, à une première étape, comme la Qibla القبلة des musulmans. Ce n’était pas à cette ville que Mahomet effectua-t-il son voyage nocturne الاسراء « الأقصى المسجد الى الحرام لمسجد ا من. » (De La Mecque à Jérusalem ) ? N’était pas l’Araméen parlé en Palestine et la Syrie, qui fut la langue de Jésus ? N’était pas Saint Paul qui a pris le chemin de Damas , sauvé plus tard de ses rivaux, qui a établi dans quelques années plus tard l’Église Chrétienne, et le Christianisme ? N‘étaient les traducteurs et commentateurs arabes musulmans des philosophies grecques, perses et indoues, qui ont transmis à l ‘Europe les plus importants des acquis de l‘esprit humain de l’Antiquité ? »
« Par contre, a-t-il conclu, au soleil couchant de la civilisation arabe en Espagne et à l’Orient, le monde occidental a commencé à rendre ce qu’il avait appris et développé, lui-même, au cours de la Renaissance, la plus grande partie de l’héritage humain vers cette région et au monde entier ? »
« Donc, pour lui, sa patrie est devenue le monde, de même esprit que Damascius, le grecque chrétien, quand il a voulu enseigner la philosophie aux païens et aux juifs, pas seulement aux romains. »
« Cette mentalité originale d’une dimension universelle, respectant la liberté de l’esprit et des croyances, et l’égalité entre les peuples pour s’enrichir de la connaissance, m’a laissé admirer cet homme exceptionnel. Puis, il est venu me voir deux fois plus tard, mais j’ai senti pendant les derniers entretiens, qu’il était devenu plutôt pessimiste, et un peu fatigué physiquement »..
Quand la religieuse appris des jumeaux que Damascius cet homme qu’elle a admiré était récemment victime d’un incident et qu’il était hospitalisé d’urgence, elle a eu une larme aux yeux.
Les deux frères ont après cet entretien intéressant avec la religieuse, continué leurs démarches inlassables dans le quartier, le jour même de cet entretien spirituel et les jours suivants, mais ils n’ont rien trouvé des traces du poète disparu.
Au contraire, Samiha avait plus de chance.
Une fois, elle a aperçu Damascius, en enjambant le boulevard limitrophe du mur de Damas, marcher près de la chapelle de saint Paul, avec un livre sous le bras et des lunettes noires sur les yeux. Samiha accéléra les pas pour le rattraper, avant de monter les escaliers qui mènent à la chapelle.
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Damascius, en se tournant vers elle, la reconnue tout de suite. Il lui a poliment demandé de ses nouvelles et celles des frères jumeaux. Son visage était très marqué par les séquelles du dernier incident; sa main froide et osseuse tremblait quand il l’a saluée; ses regards qu’il lui a réservés étaient un peu égarés, indiquaient clairement qu’il n’était pas encore rétabli. .
Elle lui a proposé de l’accompagner chez elle pour prendre un café. Elle lui a précisé que le domicile de ses parents, où elle habite, n’est pas très loin du quartier chrétien; ce que permet de bavarder un peu au cours du trajet. Damascius n’a pas refusé cette proposition ; au contraire, il paraissait content de la revoir et de l’écouter comme la dernière fois, chez les jumeaux.
En l’accompagnant chez elle, à travers les ruelles qu’il connaissait bien depuis ses vieux rendez-vous avec Hind ; il lui a, spontanément, décrit en poèmes, ces promenades d’antan :
Je la voyais presser les pas, le long des routes
Se réfugier dans son secret, par peur, sans doute
Les ombres mauves des ruelles de Damas
Se souviennent toutes, des aventures qui nous dépassent
Les souvenirs ne remplaceront jamais le vrai
Et le passé ainsi vécu nous enivrons
Ils sont ardents tous ces appels venus du loin
Et moi, saint Paul, j’essuie les larmes dans mon coin
« Elle venait à nos rendez - vous, comme un ange envoyé du ciel pour m’apporter l’amour du Dieu, me faire sentir le parfum du paradis, me montrer le charme de l’univers … Elle s’en moquait de toutes entraves, de toutes limites, de toutes frontières. Elle ne craignait que l’inconnu, le mal caché dans les esprits méchants, méfiants et nocifs, ceux des satanés ennemis des amoureux… »
« Elle me cherchait, des fois, sans même me prévenir, dire n’importe où, n’importe quand, si elle trouvait que cette surprise me donnerait de la joie ou du plaisir.! »
« Une fois, par exemple, j’assistais à une soirée poétique à l’université. La salle d’audience, trop grande, ne contenait qu’un public limité d’élite, sombre et réservée, et certains vieux professeurs. Au cours d’une lecture attentivement écoutée par les auditeurs dans le calme absolu qui régnait dans la salle, j’ai
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entendu deux petites cliques d’un escarpin féminin dernier un paravent en bois posé devant l’entrée de la salle ; J’ai tourné la tête; je n’ai aperçu personne. Deux autres claques, plus tard, .. et c’était elle ! Hind, elle-même, cachée derrière le paravent . On ne voyait que ses petits pieds à escarpins noirs, à travers une fente étroite en bas du paravent. Je me suis vite retiré de la salle; ravi et désinvolte, pour la joindre…. Nous avons couru vers l’extérieur, en traversant tous les couloires interminables, vides le soir, avec une allure juvénile, comme des adolescents de quinze ans ! »
« Au cours de nos promenades, nous nous arrêtions quelques fois, dans des petites rues populaires, pour regarder différents aspects de la vie quotidienne des habitants….. Ceux qui achetaient des délices sucrées posées sur un large plateau fixé sur un chariot ambulant….. Ceux qui appelaient des vendeurs des légumes qui traînaient dans les rues sur le dos de leurs ânes. Ceux qui attendaient impatiemment, avec leurs petits bidons devant eux, le passage des citernes de combustibles ménagères.. Les cris des enfants et adolescents restés souvent une grande partie de l’après midi en dehors de leurs maisons, jouant avec d’autres enfants et adolescents qui venaient d’autres quartiers…. ou ceux qui regardaient à travers les toutes petites fenêtres du ‘’box des merveilles’’ mis sur le sol par un afghan joufflu, à petite barbe, des images de tous les pays du monde, pour le plaisir et l’étonnement des enfants, contre quelques pièces d’argent … »
« Nous étions heureux pendant ces moments dérisoires et passagers, peu importants, car, l’essentiel, étaient créer l’occasion pour nous voir et revoir dans des situations des plus simples ! »
« Nos longues discussions plus sérieuses, autour de la politique, sur les sujets intellectuels communs, la musique, le comportement social des femmes et des hommes.. etc. devaient être uniquement réservés à nos réunions à domicile avec mon mari et les amis. Là, Hind se transformait en une agréable interlocutrice qui savait écouter, et participer brillamment et attentivement aux débats. »
« Nos idées et nos points de vue sur les différents sujets étaient convergents, avec des nuances de compassion, de complicité et de conversion …jamais contradictoire ! Nous aimions les mêmes chansons, apprécions les mêmes écrivains ou poètes, croyons aux même principes idéologiques ou religieux. Nous étions un tout, sous l’égide de l’amour et de la raison, avec les bénédictions des anges ! »
« Je voyais en elle l’univers entier : le printemps dans ses sourires, le soleil dans son visage égayé, la tempête dans ses colères passagères. Un air
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frais passé sous des nuages chauds d‘automne, comme sa franchise et ses agréables plaisanteries ! » .
« L’alchimie du spirituel et sensuel dans mon contact avec la vie et le monde, se réalisait par des symboles jaillis des profonds de notre épreuve et compréhension de l’amour : la conscience des réalités de la création, l’harmonie cosmique, l’âme des relations avec les autres, et celles entre les êtres humains
et les conceptions intellectuelles et philosophiques ; notamment, l’absorption des connaissances qui ne venaient pas seulement des sources extérieures, mais aussi de l’intérieur de nos âmes, de notre expérience, de nos pratiques, de nos décisions, de nos réactions et de notre recherche du bonheur et du plaisir. »
« Émerveillé toujours de son âme et de son charme, je priai combien des dieux pour qu’elle soit à moi seul; je ne vivais que dans l’attente de ce jour ! .
« …Même quand j’ai quitté Damas et voyagé dans d‘autres pays, je voyais Hind partout où je m’installe. Pendant mes promenades solitaires dans la nature, je l’appelais à haute vois, dans les champs, près des lacs, au bord de la mer, dans les montagnes, comme si elle était à quelques pas de moi. Mon cœur et ma raison vivaient avec elle tous les temps, au cours de mes déplacements, pendant des années et des années, jusqu‘à mon retour dans mon pays. »
« Elle était le monde pour moi, ma patrie à moi, toute mon existence.. Un océan d’émotions, de passions; une muse divine! »
« Nous étions enviés par tous les hommes et les femmes que nous connaissions, mêmes des amis des plus proches, parce que nous étions des amoureux symboles incomparables, peu communs, des couples liés par ce pacte sacré, comme si l’amour n’existait pas avant nous.. »
« Une fois, à l’étranger, je me suis rappelé un anniversaire à elle, qui devait passer le lendemain dans son pays. Alors, j’ai pensé à mon état d’ éloignement et à ma solitude, m’imaginé, en ce moment, près d’elle , lui chantant :
Ton anniversaire est revenu… tous les amis ont convenu
D’aller fêter cette occasion ; c’était la joie des compagnons !
Chacun a l’air si distingué, avec des roses ou muguets
Et moi, bien loin, j’ai réfléchi
Sur mon chemin des pas peureux
Perdus, courbés et infléchis
Ainsi que l’âme de l’amoureux..
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Et les soupçons compromettants
Qui entravaient à mon courage !
Envahissant, restant latents
Sans complaisance, sans ménage
Comment oser d’y assister !
Avec l’aspect si désastreux
Et une voix qui sanglotait
Au lieu des compliments sérieux ?
Je n’ai qu’une fleur à présenter
Un des murmures étincelants
Malgré des mille curiosités
Et des regards nous convoitant
J’ai dis « Heureux anniversaire »
En me disant dans le silence
En me chantant sonnets des vers
Me consolant de cette absence
Je suis resté, tout seul, là-bas
Le cœur cassé et malmené
Dans un nuage de mon tabac
Un homme errant, infortuné
Dès mon retour, dans les tourments
Et les douleurs dans mes tréfonds
Tous les chagrins des sentiments
M’ont submergé au plus profond
Samiha avait envie de pleurer, mais elle a caché ses larmes devant lui, peur d’augmenter ses douleurs.
A leur arrivée chez elle, Samiha a immédiatement téléphoné aux deux jumeaux pour annoncer la bonne nouvelle de trouver Damascius.
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Chapitre 7
Lueur d' espoir
Platon disait « Est -ce justement chose facile de se connaître soi-même? »
L'histoire d'amour de Damascius et Hind, n’était pas un énigme, n’avait pas véritablement du singulier, ne suscitait pas l’étonnement exagéré, ni pour leurs péripéties , ni les évènements successivement évolués; par conséquent, rien de très différents des amours qu’on décrit dans les contes et récits. Mais la psychologie de chacun d’eux, influencée par leurs conditions sociales et culturelles, faisait l’axe principal , le centre d’intérêt, comme on dit, de ce complexe amoureux qu’il vivaient.
Dans toutes les relations amoureuses entre hommes et femmes sur notre planète, il y a des souffrances, supplices, chagrin, sacrifices, doléances de toute sorte, en mots et en pleurs.
Notre poète, Damascius, pour la démonstration de cette réalité, avait une fois décrit, pertinemment, états et profondeurs psychiques et moraux d’un amant qui souffrait énormément ; c’était à coup sûr, un poème d’imagination en quelqu’un vers, mais on se demandait si n’était-ce pas son véritable cas; une créature sensible s’est levé comme un soleil de passions, quelque part, en quelque temps :
Dans un désert, sous une lueur des étoiles
Il habitait comme un hibou ou comme un rat
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Désespéré, victime des rages des cabales
Il a raté ses occasions, et rien du Ciel n’arrivera
Est-ce un néant qui l’a créé, ou c’est lui qui était rien?
Sur cette terre de doléances , où personne ne s’en souvient !
Il y a, par contre, dans l’amour, autant que l’on éprouve, des moments de bonheur, de la joie et du plaisir, quand le destin feigne de sourire aux amoureux.
Est- ce le cas, en ce moment, pour Hind et Damascius, après des années de séparation et éloignement, l‘un de l‘autre? Le bonheur du passé pourrait-il revenir un jour?
Si l'amour est rompu, il reste les souvenirs qui rappèlent aux amants tous les jours et heures du passé q’ils vivaient ensemble.. L'oubli est impossible dans les histoires des véritables amoureux; car même s'ils prétendent le pouvoir d’oublier, il suffit d’ un seul mot dans un roman qu‘ils lisent, une fleur dans un bouquet présent à leurs yeux, une petite ruelle qu’ils sont en train de passer en ville, un arbre isolé dans des champs perdus, sur leur route…. de faire amplement remonter le passé à la surface. Un passé d’amour est toujours un passé vivant indestructible dans les annales humaines de cette passion sublime.
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La rencontre entre Samiha et Damascius d’un côté, et les deux jumeaux de l’autre côté ont bien eu lieu le lendemain.
La discussion a sérieusement été entamée, une fois les quatre aient terminé leur bavardage autour des circonstances de retrouvaille de Damascius. Ils étaient ainsi contents de créer un groupe d‘amis solidaires, réuni autour des idées parfaitement rapprochées et transmissibles..
Youssef était le premier à parler, mais il prononça des généralités sur l‘amitié et la complaisance ; son frère a rappelé les différents évènements qu’ils ont affronté depuis le début de leur connaissance, depuis l’acceptation bien accueillie de Damascius de séjourner provisoirement chez eux. Youssef a confirmé que le temps qu’ils aient passé avec lui, leur a permis des échanges précieux d’idées autour de tant des sujets, sans oublier le temps agréable passé à l’écoute à ses poèmes et ses réflexions intellectuelles intéressantes. Une amitié profonde s’est
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installée avec lui; mais Il s’est souvenu aussi avec amertume de son départ de chez eux sans avoir donné d’adresse; puis cette hospitalisation qui était très inquiétante pour eux, et pour Samiha aussi .
Damascius écoutait Youssef sans réactions de sa part ; seulement, il a exprimé, en face des bonnes intentions et générosités de ces trois nouveaux amis, sa reconnaissance par un sourire rapide à peine dessiné sur son visage. ; mais Youssef voulait aller plus loin, appuyé par un regard complice de Samiha. Il a commencé par lui demander comment passait-il son temps après sa sortie de l’hôpital. ..
Le poète a répondu avec une sérénité épatante, qu’il n’était pas seul ; il a rencontré des gens, parlé avec eux dans des cafés, quelque fois sur le trottoir, ou dans des magasins et des boutiques, pour discerner avec eux de la vie, de la société, parfois de la mort, et le plus souvent de l’amour ; en chantant ou pas de poèmes, en parlant très rarement de ses déplacements à l’étranger.
Il est monté à l’esprit de Youssef qu’il y avait au début du siècle dernier, un poète populaire d’origine iraqienne, qui avait le même comportement intellectuel que Damascius, et faisait les mêmes itinéraires que lui après l’hospitalisation, peut -être avant aussi, de la même façon qu’un poète vécu à Bagdad puis venu à la ville de Damas. Il s’appelait Ahmed Al Sâfi Al Najafi النجفي الصافي أحمد .
Ce grand poète, devenu célèbre dans la littérature du siècle dernier, reste un symbole de pureté des poètes dévoués à leur expression talentueuse sur les choses de la vie, en toute franchise avec énormément de clarté et de sagesse .
La révélation de Damascius de ses promenades poétiques dans les cafés de la rue, n’a pas donc surpris les deux frères qui connaissaient bien l’histoire du poète Al Najafi. Ils se rappèlent même de ses quatrains et de ses vers enseignant la sagesse et l‘intuition philosophique proche du goût du public, publiés dans des revues littéraires et, parfois, sur des agendas populaires !
Par contre, Samiha est restée ébahie et triste, aux yeux larmoyants, après avoir écouté cette révélation de Damascius, erré dans les rues de la ville.
Damascius dit qu’il ne pouvait pas s’en passer de parler amour chaque jour , à chaque instant, parce que l’amour lui permet d’élaborer dans son esprit des visions de monde, de l’homme, de Dieu même qui nous regarde et qui nous juge ! Hind est, pour lui la muse et la compagne de route; personne ne puisse la voir à côté de lui; un miroir indispensable pour ses réflexions, sa méditation ou son discours. Elle est en lui quand il se promène, quand il parle aux gens, quand il dort et quand il se réveille !
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Il a continué de parler d’elle, qu’elle lui manque tant; il ne peut pas vivre sans elle. C’est son existence, d‘âme et d‘esprit, qui lui importe .
A ce moment là, Youssef lui a dit : « Vous ne voulez pas renouer l’amitié avec elle, de la voir plus proche de vous? »
Damascius n’a pas bougé d’un pouce. Il a secoué la tête et répondu que Hind est vivante avec lui, dans ses veines et son cœur, et il refuse , en conséquence de mendier un contact concret et corporel avec elle. La société les a empêchés de se rencontrer ; ni lui, ni elle n’est pas responsable de la rupture qui s‘est installé entre eux.
.« C’est notre destin ! » A-t-il dit, à l‘air ferme, obstiné et têtu.
-- « Mais si Hind, elle-même, souhaitait vous voir, refuserez -vous sa proposition ? »
Damascius répondu qu’il ne refusait jamais , parce qu’il connaît bien Hind, son amour - propre, sa sublime fierté et son obsession quand elle est convaincue de quelque chose !
Samiha est alors intervenue:
-- « Laissez-nous seulement lui poser la question; surtout après tout ce qui s’est passé ce dernier temps. »
-- « Non. Je ne demanderais jamais la pitié de personne. Elle- même et moi aussi, n’avions pas cette habitude pendant toute notre vie d’amis d’antan. Mais si vous insistez, quand même, je vous laisse libres d’agir. »
Puis il a surpris Samiha, en sorte de commentaire, suite à ses propos par des poèmes, qui les a chantés, en souriant :
Toutes mes souffrances de l’amour et mes sanglots
Sont retirés ou disparus dans l’infini
Ö mon amour. J’ai remis-le tout à flot !
Rien nous sépare, et les tourmentes sont finies !
Ils ont ri tous, mais un rire forcé pour ne pas intimider le poète ; puis, ils se sont consacrés au sérieux.
C’est décidé : un seul frère, Youssef accompagné de Samiha, devra, le
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plutôt possible, aller chez Hind.
Samiha est allée loin dans son espoir et imaginé Hind, contente de les recevoir, leur offrir une large sourire, et dire à Youssef, présenté comme ami de Damascius, qu‘elle était ravie de le connaître ! .... Et tout est allé bien après, et la mission est parfaitement réalisée..
Hélas ! Rein n’est passé comme elle a souhaité !
Elle a appris par téléphone, qu’elle avait directement décroché , après leur délibération, que Hind était souffrante, avec une température très élevée et qu’elle ne pouvait, à présent, recevoir personne.
Damascius est resté silencieux, le cœur serré, triste et inquiet.
Il a réfléchi quelques instants ; puis il leur dit, presque sanglotant :
« Lueur d’image, je l’ai vue dans les ombres
Réveillant les souvenirs du passé…
Comme un ange, sans bruit, est passé
La porte restée entrouverte, il fait sombre
Se dirigeait vers mon grabat minutieusement
Avec des pas très malicieux, un peu fragiles
Et voilà sa silhouette et son profil
Sur son visage comme un sourire du printemps
Elle m’embrassait sur les joues et sur le front
Et j’ai senti le rayonnement de son corps
Mais d’un seul coup, elle me quitte et elle sort
Me laissant des tourments très profonds ! »
Deux minutes plus tard, il s‘est levé pour partir. Il a embrassé très brièvement tous les trois et leur promis de les contacter dans les prochains jours..
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Samiha a retéléphoné deux jours après à Hind. Elle l’a eu directement au téléphone cette fois; mais, la communication était très courte. Hind dit qu’elle a toujours la température haute, et doit continuer à se reposer encore.. Elle dit à la
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fin de la communication qu’elle admet d’entretenir encore une fois avec elle, mais elle préfère que la rencontre aura lieu, au moins dans une semaine plus tard, dès qu’elle se sentira mieux..
Damascius n’a pas cessé, les jours suivants, de téléphoner à Samiha pour prendre des nouvelles sur la santé de Hind. Il a insisté qu’elle aille la voir, pas pour parler a priori d’autre chose, que de se rassurer de son rétablissement.
Un beau jour, Samiha a appelé Hind ; Mais, malheureusement, est tombée sur une de ses sœurs qu’elle l’interrogeait tout de suite : « Comment sais - tu que nous sommes ici ? Comment connais-tu le numéro du téléphone de Hind ? Depuis quand connais-tu notre sœur ? Pourquoi veux-tu lui parler, et de quoi ? Pourquoi .. Pourquoi.. »
Alors, Samiha était très embêtée, elle lui a répondu qu’elle est passée deux ou trois fois chez elles ces derniers jours, mais elles n’étaient pas là. Elle a donc, cherché dans le bottin, le numéro du téléphone de Hind pour demander de leurs nouvelles. La sœur semblait convaincue; elle lui dit que Hind est très malade, qu’elles étaient venues à son chevet et resteront chez elle jusqu’à son rétablissement..
Deux jours après, Samiha a obstinément retéléphoné encore, mais cette fois pour interroger les deux sœurs sur la santé de Hind. Elle a reçu la mauvaise nouvelle que l’état de sa santé s’est dégradée et qu’elle ne serait, selon les médecins, guérie qu’au bout d’ au moins deux ou trois mois; cela veut dire, en effet, que les sœurs, toutes les deux, resteraient chez elle, toute cette durée, peut être plus encore, jusqu’elles voient la santé de leur sœur s’améliorer.
Samiha a eu le sentiment qu’il fallait agir vite, et dû dire la vérité à Damascius par téléphone. La réaction de celui là, était viscérale. Il n’a pas cessé à sangloter pendant des longues minutes en répétant plusieurs fois : « Pourquoi elle, pourquoi pas moi qui suis malade. Je mourrais si un mal atteint Hind. Je mourrais »
Elle a essayé de lui consoler, lui promettre d’aller visiter Hind, le jour même, si les deux sœurs lui ont bien accordé leur consentement..
Le lendemain, Damascius a téléphoné à Samiha comme d’habitude, mais il avait la voix troublée avec un certain tâtonnement de ses mots. Il est devenu stressé comme le dernier temps, même pire encore.
Il a dit qu’il lui a envoyé une lettre, adressée particulièrement à elle, mais elle pourrait la relire à Hind, si elle la voit prochainement..
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En effet, il a écrit dans cette lettre :
« La détresse, très intense, sans issue, je la sens
On dirait que la crise m’attendait, je le pense
Tu savais, mon amie, que je suis sans défense
Quelque chose me torture dans la tête et dans le sang !
Mais les cieux ne m’envoient que des noirâtres pluies
Écrasant tous les bruns de mes belles « pensées »
Les tonnerres se déchaînent sur mes yeux éblouis
Je les hais. Ils me troublent le courant des pensées
Si mon stress t’intéresse, de plus près, vient me voir
Ou m’envoie un certain des nos frères, qui comprend
Que ton cœur ne fait pas bon ménage pour savoir !
Que je souffre tous les jours ! Rien de ça ne surprend ! »
« Il est devenu fou ! » , Samiha a-t-elle murmurée amèrement, quand elle a termina lecture de ses poèmes..
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Chapitre 8
Cause et résultat
"Hind n'est pas vraiment malade, mais atteint par le mal qui s'appèlle (Amour) ; c'est incurable!" Les deux sœurs ont avec malveillance diagnostiqué la fièvre que leur sœur a subie depuis plusieurs semaines .
L’une disait : « De toute façon, elle n’est plus la même, quand elle parlait au téléphone. Elle avait quelque chose qui la fit complètement changer. Elle a pris un long congé au travail; elle ne sort plus; elle ne veut recevoir personne. Depuis qu’elle est malade elle ne prend pas les médicaments prescrits par les médecins…Je ne sais pas pourquoi fait-elle
tout çà»
L’autre répondu : « Moi, je sais pourquoi. Je soupçonne qu’Ahmed sera revenu à Damas ; je pense qu’elle est devenue malade à cause de lui; Parce qu’elle a peur de le recevoir chez elle, surtout qu’elle ne vie plus seule. Je pense que c’est lui-même qu’il l’a oubliée et il n’a plus envie de relier le contact avec elle, comme avant. Tu connais ta sœur combien est-elle secrète et maligne ! Si on lui posait la question sur quoi qui passe, elle ne prononcerait pas un mot ! »
Elles ont cependant osé, d’interroger leur sœur sur ce sujet. Elle a répondu:
« C’est possible qu’il soit ainsi. Est-ce que ça peut changer quelque chose? Il y a dix ans qu’Ahmed n’était plus à Damas, vous le savez bien. S’il est de retour maintenant, cela ne veut pas dire qu’il est exclusivement venu pour me voir ! Cette histoire d’antan est révolue, terminée depuis des années, exactement comme vous et mon mari l’ont voulue. Votre décision d’éliminer Ahmed de ma vie n’était pas, en fait, pour défendre votre honneur,
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ni même le mien, ou celui de mon mari ; c’était uniquement à cause de vos intérêts à vous-mêmes , pour garder vos maris qui auraient soupçonné l’adultère éternelle de leur belle-sœur, en supposant que lui est à mes trousses, qu’il s’approche à moi, qu’il me guète de très près, pour me dévorer! Drôle d’imagination pour cette présence présumée, considérée toujours par les esprits méchants comme un malheur permanent, inévitable qui rode chez moi! »
« Vous avez donc privilégié votre intérêt avant celui de personne. Vous avez admis que mon mari, ganache, jouet entre vos mains, épouse une autre femme; N’aviez- vous pas, vous- mêmes, l’encouragé, directement ou indirectement à commettre cette erreur ?
« Vous l’avez empêché de me divorcer pour la même raison : ne pas continuer à voir en la personne d’ Ahmed élément de répétition à l’infini, d’une relation extra -conjugale de votre sœur ! Si le pire s’aggrave, s’il devient encore plus atroce, alors vous êtes contentes, vous détruisez ma vie et celle d’Ahmed, à cause de votre égoïsme ! »
« Vous m’avez menacé des pires punitions. Vous avez fait la même chose avec lui. Vous continuez toujours à montrer la haine contre lui, pourvu que vos maris soient satisfaits »
« Si je suis malade , si je risque ma vie, c’est grâce à vous. Croyez -moi, chères sœurs »
Les deux sœurs ont regretté leur intervention. Elles auraient préféré que leur sœur fusse tellement naïve pour ne pas découvrir leurs jeux de manipulation mesquine et terrifiante.
En fait, les deux sœurs sont mariées à deux frères qui habitaient dans la même maison de leur père, comme voulait encore la coutume dans certaines familles traditionnelles. Or, chaque mot, chaque nouvelle, chaque soupçon pourraient être à tout instant, partagés entre les quatre. Et Hind était leur victime préférée !
La nièce était à l’école au cours de cette discussion amère et révélatrice des animosités chroniques, mais cachées naguère dans les poitrines , en dépit des bonnes intentions d’apparence superficielles de ces deux sœurs. La petite aurait su beaucoup des choses sur les relations entre les tantes et Hind, en ce qui concerne leur vie privée ; mais tout ça ne l’intéressait pas ; au contraire, par rapport à elles, elle pourrait avoir, elle-même, des idées personnelles sur la société, complètement différentes , peut-être proches ou pareilles à celles de Hind , son idéal ; et à son âge de dix huit ans, elle pourrait faire des choses qui étonneraient ses deux vilaines tantes.
Elle est née à Alep, d’une quatrième sœur, la plus âgée et la plus sage
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entre les quatre, et devenue orpheline depuis cinq ans, quand ses parents sont morts, les deux ensemble, à Al Hadj الحج en Arabie Saoudite. Elle a dû, par conséquent, venir habiter chez sa tante Hind qui vivait seule, depuis le mariage du mari, sous les ordres et consentement des autres tantes. Hind devenu une véritable mère pour elle, même son exemple dans la vie. Elle se comprenait bien toutes les deux, contrairement aux autres tantes qu’elle n’aimait vraiment pas et qu’elle les trouvait méchantes, avec tout le monde.
La maladie de Hind a attristé beaucoup la jeune nièce. Elle trouve inopportun le séjour des tantes chez leur sœur. Cela ne peut qu‘aggraver sa maladie, et compliquer sa vie, qui était jusqu’à maintenant tranquille.
D’un autre côté, Samiha est revenue sur ses projets, et allée un jour, sans prévenir personne, visiter Hind, malade; chose commune et acceptable dans ce pays qu’on ne prévient pas un malade ou sa famille de la visite ; mais elle avait, dans son esprit un plan d’ajouter autre chose à faire pendant cette visite.. Elle a voulu savoir si Hind désire, exceptionnellement, à cause de sa maladie prolongée, voir Ahmed; le contacter d’une façon ou d’une autre. Tout au moins laisser les deux amis parler ensemble au téléphone, à l’insu des deux sœurs, et avec l’aide de la jeune nièce.
L’entretien avec Hind était court, à cause de la présence des sœurs qui ne les ont pas laissées seules, même pour une minute ; mais elle a pu donner à la nièce, en chuchotant dans ses oreilles, au cours de l’embrassade à la sortie, son numéro de téléphone, en suggérant de l’appeler de l’extérieur. La nièce ferma les yeux en signe de consentement. En fait, Samiha pensait, malgré ça, que ce n’était pas une chose facile d’obtenir un bon résultat avec le contrôle sévère des sœurs méchantes.
Damascius a téléphoné le soir à Samiha, comme tous les jours, pour prendre des nouvelles sur la santé de Hind. Elle lui a raconté ce qui se passait chez Hind, dit qu’elle attendait le téléphone extérieur de la nièce.
Rien que ça, ne lui faisait plaisir, il était tout à fait ravi d’entendre les détails de l’exploit de Samiha. Il lui a dit qu’il rappellera demain pour savoir ce qu’il faudra faire à ce propos..
En effet, Samiha a bien reçu de la nièce un coup de téléphone lui indiquant que Hind va téléphoner à la fin de la soirée, à minuit juste, quand les deux sœurs seraient endormies, et qu’elle sera ravie si Damascius lui parle, en même temps.
Damascius a reçu l’excellente nouvelle en hurlant de joie. Il est venu à onze heures le soir chez Samiha pour écouter la voix de Hind, un peu plus tard.
A minuit, le téléphone sonne. C’était Hind, elle-même, enfin, qui parle, avec sa voix grave, mais très faible. Damascius a immédiatement pris
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l’écouteur, après avoir jeté un coup d’œil rapide sur Samiha pour obtenir le consentement de parler le premier. Samiha, très contente pour l‘occasion, lui fit un petit sourire, signe d’acceptation.
- « Bonsoir Hind.
- « C‘est toi Ahmed ! Je suis contente de t’entendre ; ça fait dix ans, nous nous parlons plus, nous nous voyons plus. J’espère que ton séjour à Damas sera long !
- « Oui il sera long bien sûr, Je ne peux plus vivre sans me sentir près de toi, dans la même ville que toi, pas dans autre continent, loin de milliers de kilomètres . . . Je rêvais tout le temps d’entendre ta voix, ta respiration, tes mots agréables à mes oreilles. Je t‘imaginais, à l‘autre bout du téléphone, parler à moi, tous les jours comme dans le passé, me dire que nous sommes encore amis, que nous vivons encore comme tels, malgré la
distance et le temps qui court »
- « Tu n’as pas changé ta façon agréable de parler, tes expressions poétiques, ton euphorie habituelle et ton zèle que tu faisais quand tu me téléphonais.. Je pense à toi, moi aussi, l’éloignement du temps et de l’espace n’a pas atteint à mes sentiments. Seulement je regrette les circonstances qui nous ont amenés à cette situation, et je te demande pardon »
- « Ne regrette rien, et ne demande pas pardon. C’était notre destin, et nous continuons de l’éprouver, jour après jour. Je t’aimais comme personne ne l’a fait avant moi, et c’est aussi mon destin ! »
- « Le temps est venu pour effacer nos douleurs, pour oublier ce qu’il a heurté à notre existence, à notre vie et notre amitié »
- « Tout ce que je souhaite maintenant, c’est que tu sois en bonne santé ! »
- « Oui. A partir de demain, je prendrais mes médicaments régulièrement ; je suivrais les conseils des médecins ; je ferais tout pour améliore ma santé. L’ensemble sera uniquement pour satisfaire à tes désires. …Je te parlerai à la même heure, la semaine prochaine, pour te montrer que je suis devenue une bonne élève »
- « Je te souhaite un prompt rétablissement Hind.. Au revoir »
- « Au revoir Ahmed. A bientôt »
Cette courte conversation de cinq minutes avec Hind, était par sa simplicité et sa naïveté, un élixir miraculeux pour l’état moral de Damascius. Il veut vivre maintenant pour atteindre un seul but, l‘assurance que Hind ira
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mieux. Il voudrait l’écouter encore une fois, revivre avec elle les souvenirs du passé, posséder un certain espoir pour l‘avenir.
Il a notamment exprimé à Samiha sa reconnaissance profonde pour réaliser son rêve, cette rencontre orale des deux individus séparés pendant très longtemps.. Il lui a gentiment demandé s’il était possible de venir la semaine prochaine pour reparler avec Hind.. Elle lui a répondu « Bien volontiers ! » et il est parti.
Samiha n’était pas, malheureusement, aussi optimiste ; car, elle a entendu de la nièce, quand elle fixait l’heure de la communication, que le médecin traitant disait à ses tantes, après l’examen des analyses et radiologies récemment réalisées, qu’il ne voyait pas d’amélioration de l‘état de santé de Hind, et qu’il sera sûrement amené à demander à un chirurgien de lui faire une opération dans les prochains jours.
Elle a dû cacher cette nouvelle trop inquiétante à Damascius, pour ne pas gâcher l’occasion et ternir sa joie d’entretenir avec Hind au téléphone..
Le lendemain, Samiha a appris que l’intervention chirurgicale est définitivement décidée et que Hind doit aller à l’hôpital dans trois jours. Donc, le prochain entretien téléphonique avec Ahmed serait compromis. Elle ne sait pas comment peut-elle annoncer ce changement très probable au poète malheureux et malchanceux.
La semaine passée, Hind était toujours à l‘hôpital, et Damascius appris avec amertume que la communication convenue avec Hind n‘aurait pas lieu ; mais il a continué à téléphoner quotidiennement à Samiha en espérant, en veine, l’amélioration de la santé de Hind.
Samiha est allée visiter Hind à l’hôpital, mais ce n’était pas possible de la voir personnellement, car elle a été transportée aux soins intensifs, à cause d’une hémorragie subite et inattendue. Elle aperçu dans un couloir un homme parler aux deux sœurs. En les croisant, cette personne s’est présentée à elle comme le mari de Hind. En fait, il avait l’air triste et inquiet, comme tout le monde attendant dans le hall proche de la pièce où se trouve Hind luttait pour la vie.. Dans ces conditions, une visite de Damascius à l’hôpital était, selon elle, impossible.
Les soins intensifs à Hind se sont avérés inefficaces. Ni le chirurgien, ni les autres médecins n’ont pas montré le moindre espoir pour changer les donnes. La nièce a pleuré abondamment. Le mari et les deux sœurs ont parlé de ce qu’ils devront faire par la suite.
Hind est restée entre la vie et la mort pendant trois jours. Elle était endormie, dans un coma profond. Il y avait des fils partout, plusieurs appareils sont installés autour du lit. Tout était bien installé et fonctionne bien, sauf Hind qui était en train de mourir.
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On se demande : dans un état pareil, est-il possible d’imaginer que Hind pensait d‘abord, dans son coma, à Ahmed qui attendait, très proche elle une amélioration de sa santé, pour lui parler encore une fois ? Puis, à sa nièce qui va se trouver toute seule dans la vie, si elle meurt ? A ses sœurs qui regretteront, peut être, leurs agissements et leur attitude injuste vis-à-vis d’elle pendant des années et des années ? À son mari qui va continuer à vivre avec sa deuxième femme, comme si rien n’était passé ? À ses collègues au travail qui diront qu’ils aient perdu une bonne amie ? À cette vie qu’elle a passée tous les jours avec attente très longue qui s’est avérée veine, à la fin ? Est-ce qu’elle a attendu pour mourir, une fichue lueur d’espoir qui n’est pas venue à temps?
Plusieurs questions seraient restées sans réponses dans sa tête, d‘une mourante.
A l ’aube d’une nuit calme à l’hôpital, Le médecin de la nuit a constaté la mort de Hind, mais il a préféré attendre l’arrivée de son médecin du jour, pour terminer les examens et les formalités nécessaires.
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Chapitre 9
Je crache sur le visage du destin
Damascius était inconscient de la tragédie annoncée de son destin. Il croyait toujours que Hind voulait lui parler, qu’elle l’attendait, qu’elle désirait voir quelque part. Chaque jour il téléphone à Samiha, accepte machinalement tout ce qu’on dit ou qu’on ne le dit pas. Les réponses évasives de Samiha lui rendent encore plus perturbé; En réalité, il montrait plus des troubles dans ses expressions et ses phrases, chaque jour qui passe. Il est devenu très proche de la folie. Il avait même lui écrit une lettre bizarre, incompatible avec la situation où on se trouve, demandant de la transmettre à Hind, dans l‘hôpital.
Dans cette lettre, arrivée chez Samiha le jour même de la mort de Hind; il avait joint un poème léger pour le lire à Hind, qu‘il croyait vivante. Samiha a énormément pleuré quand elle l’a relit la veille de l’enterrement de Hind; Il disait :
« Regarde-moi un peu ; écoute à mon silence
Tu as entre les mains les clés de l’existence
Répond à mon amour; j’ai quelque chose à dire
Approche-moi de toi et fait moi un sourire
La nuit qui va courir, en rêves, nous embrasse
L’amour était ami, au long de nos années
Fleuri dans un printemps qui veut se prolonger
Rosées comme tes salives douces, simultanées
Les nuits, poèmes de vent, exigent de changer
Effacent tous nos pêchés, pardonnent les orgies
Qu’ils durent jusqu’à l’aube, ces chants sous bougies
Nos réunions très gaies, des fêtes de gitans
Ignorent de raisonner, épris de divertissements
Comme nous, enfants heureux, d’un goût indifférent
L’amour vaincra le mal ; nos vœux sont trionphants
Nos fautes sont pardonnées , autant qu’importe le vent
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Je défends notre amour, telle une hyène féroce
Me moque de la Mort, quand il viendra de force
Mais je ne fuie jamais, devant ces aventures
Qui nous épargnent l’ennui, et les tracasses qui durent
Ce n’est pas un blasphème si m’ emportent les étreintes
Quand on est adepte d’Éros , on accepte les tourmentes! »
Il croyait que Hind était seulement absente pour quelques jours et qu’elle viendra le voir dès son retour. Il a refusé de comprendre que sa maladie persistait et s’aggravait; que sa santé pourrait se dégrader et risque d’ avoir des conséquences imprévisibles très dangereuses.
Ce qui est curieux chez Damascius -fou, c’est que l’approche de la mort , étant pour lui une chose fatale, ne représente plus l’essentiel dans ce monde pourri; car l’amour fait survivre ses enfants disciples, pour l’éternité !
Lorsque Samiha lui a demandé de venir chez elle le lendemain matin de la triste nouvelle, elle lui a dit que Hind s’ affrontait avec l’agonie , qu’elle serait peut - être , même morte ; il a pleuré , mais il a montré des réactions tellement bizarres dans ces pénibles circonstances . Il regardait le ciel à travers la fenêtre, comme s’il réclamait un secours. Il recherchait autour de lui quelque chose invisible, imaginait Hind se rapprocher de lui .
Samiha, malgré sa force morale et son sang froid, lui a supplié de s’arrêter, mais il a commencé à chanter, à voix basse, tout en regardant l’invisible :
« Pourquoi tu fermes tes yeux ougeâtres Et tu grelottes comme un canard ?
Semblant fais-tu, que tu t’endors ?
A moins que tu prédise la mort !
Je vois des cygnes sur les eaux
Des envolées des étourneaux
As-tu choisi les imiter
Ces assoiffés de liberté ?
Tu dors? ou bien tu es blessée ?
Peut -être, as - tu les ailes cassées
Comment j’accepte ces rumeurs
Que tu me quitte et que tu meure ?
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Tu restes en moi dans toute ma vie
Et si je meurs, je serais ravi
Même au départ, rien nous sépare
Et nous revenons un autre soir !
« Il est fou . Il est fou ! » s’est dit -elle, Samiha .
Elle l’a embrassé tendrement, et lui a dit qu’il faut accepter le destin, que les larmes et les douleurs ne font pas retourner l’absent .
Elle demandait à lui de la patience qu’il n’a jamais connue … l’oubli qu‘il n’a jamais fait …la consolation qu’il a toujours refusée dans ses tourmentes. Hind était lui-même, parce qu‘elle était en lui. Comment être impatient avec soi - même ? Comment on peut s’oublier ?Comment se séparer de lui- même? La tristesse et la souffrance sont devenues la raison de son existence, la source de ses idées et de sa poèsie, le fondement de ses raisonnements, et de ses réflexions. Comme un amoureux fidèle à ses émotions , devait-il continuer à vivre dans ses conditions d’un être humain, qu’il soit conscient ou non .
Le jour de l’enterrement de Hind, Ahmed était là, au cimetière, à coté de son mari, et les deux époux de ses sœurs. Il y avait une foule énorme des proches, des amis et des collègues du travail, qui pleuraient tous, une femme distinguée et respectable .
quand le corps de Hind est enseveli dans le fossé de la tombe, enveloppée d’un linceul blanc .Damascius est tombé par terre . Deux personnes inconnues l’ont emporté un peu plus loin de la foule, jusqu’à la fin de cérémonie des pompes solennelles qui a duré encore quelques minutes;puis ils sont retournés après le départ des gens pour le réanimer. Il s’est réveillé pour jeter un dernier regard sur l’endroit où des employés de cimetière ont commencé à remettre la terre fraîche dans le fossé qui vient de recevoir le corps .
Damascius est retourné seul, sans savoir où il va . Personne n’a voulu de l’accompagner en sortant du cimetière, de donner une main de secours, un regard de consolation .Personne ne s’occupai de lui; le mari de Hind et les deux époux de ses sœurs maudites, étaient déjà partis .De tours façons il
n’attendait rien d’eux .
Il a marché toute la journée dans les rues du quartier limitrophe .
Samiha et les deux frères jumeaux sont allés séparément aux
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condoléances le soir même de l‘enterrement; ils feront la même chose les deux soirs suivants .
Le poète, perdu entièrement, ne savait en quoi songer, quoi faire, quoi boire ou manger, le long de cette journée macabre . Il n’a pas même participé aux condoléances solennelles du soir . . Il n’avait plus la capacité de réfléchir, de juger ou de considérer les choses . Il s’éloignait de l’existence, des gens, de la réalité, du raisonnement-même. Il s’est envolé avec les souvenirs de Hind, les appels intérieurs jaillis de son cœur de la joindre quelque part dans l’univers; dans le ciel ou sur la terre, peu importe .
S’il a le choix, il aurait préféré sans doute que l’endroit où aura lieu leur union, soit Damas qui l’ aimait parce qu’il a aimé Hind, vivante et morte , dans laquelle son âme respirait ses brises, l’odeur de son sol, de ses jardins fleuris .. C’est Damas qui sera leur paradis pour l’éternité.
.
Le lendemain matin , Samiha et certaines femmes proches de Hind, dont les deux sœurs aussi, sont allées au cimetière pour faire lire quelques sourates par des jeunes ou vieux lecteurs du Coran, comme les imposent les coutumes qui appèlent ses tristes et macabres rites « La matinale ». Mais quand elles sont approchées de la tombe de Hind, elles ont aperçu un cercle de gardiens du cimetière accompagnés de deux policiers autour de l‘emplacement de la tombe .
Ils entouraient un homme allongé mort sur même le sol de la tombe qui n’est pas encore bâtie . Samiha l‘a, tout de suite, reconnu de loin. Il fut Damascius, lui-même, corps froid et poussiéreux , rendu l’âme , pendant la nuit ou à l’aube, sans doute .
Dans sa main on a trouvé un morceau de papier, sur lequel il avait écrit :
On l’eût dis aux annales d’hommes
Celui qui part, ne revient pas
Le temps efface sur leurs paumes
Ce furent gravés de la mémoire :
Toutes les orgies et les vertus
Et les souvenirs de leurs déboires
Mais un poète ne meurt jamais
Même se crevant comme un corbeau
Après qu’il incarna des maux
Il est devenu un rossignol
Qui gazouillait et sifflotait
Pour dire adieu aux gens idiots
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Adieu, royaume des gros despotes
Nos cœurs soumis à leurs souliers
Ils coupent les tiges de toutes les roses
Ils cherchent les niches des hirondelles
Pour écraser leur vie heureuse
Où sont les Anges qui surveillaient ?
Adieu Destin, qui fus l’ ami
Devenu plus tard, le pire ennemi
Tu montres ton visage ridé
Aux yeux malins des araignées
Je crache et parts, et sans retour
Je ne reviens, même pour un jour
Samiha avec l’aide des deux frères jumeaux se sont occupés des funérailles et formalités de mort de Damascius / Ahmed . Il est enterré pas très loin de la tombe de Hind .
La date de sa mort, gravée plus tard sur la pierre tombale, portait un chiffre différent d’un seul jour en plus, par rapport à celui de la mort de Hind.
Dernier mot posthume :
Dieu ! Soit avec Ahmed et hind., dans leur monde à eux .
Ils auront la chance, peut-être, de rencontrer au ciel Damascius le grecque ,avec lequel discuteront ses idées que « le concert universel était précédé par une immense rumeur indistincte, là quand rien n’était encore et tout se préparait; ce qui a donné au suprême effort de la pensée »
Il vont aborder aussi le thème préféré du vieux philosophe sur le to ouden, le rien . Le néant qui renvoit au principe indicible de tout . Le discours de la pensée qui s’étend entre deux abîmes : celui d’où naît la parole et celui en qui elle vient mourir quand il n’y a plus rien à dire » (1)
(1) Marie-Claire Galpérine
Résumé des Premiers Principes de Damascius, Éditions Verdier . Paris.
FIN
.
. .
Adel El Zaim
L'épreuve
Chapitre unique
Un homme d'environs quanante ans, pas parvenu à N'ayant Été Ce qu'il Voulait Dans sa vie, IL a commis Tant d'erreurs en cours de route Dans Tous Les Domaines: Travail, Amitié, amoureuses relalations .. A Chaque fois, il pensait remonter les difficultées et arriner au poin culminant, il tombe par terre et Il doit commecer un zéro, fourmis Comme une travailleuse essayant cent fois la même montée, et elle échoué cent fois sa cible .... Il sera un miracle quand elle changer d'avis.
Notre homme N'a pa Cesse de chance Tenter, Malgré tout. La drenière fois IL a engagé Été Avec une femme sur un plan de mariage. Son épreuve difficile, un presque un Duré une pour arriver à sa fin négative. Dans cette affaire, Il avait voulu faire tout mieux fils, Comme si Le Succès ne lui est jamais égaré. Maintenant, IL a sauvé été, mais Jusqu'à quand? Malheureusement, la déception vite suivait: Il Sérieusement Doit commencer tout. Y Qu 'a t-il donc?
Sa fiancée Était un énigme. Il NE SAVAIT pas si elle Voulait de lui, si elle l'aimait vraiment. Il lui arrive de se si Demander l'existrence de sa fiancée Était bien réelle, si elle n'était un fantôme par exemple pas.
IL a appris UNE FOIS qu'lle Était arrêtée a l'aeroport d'Orly pour Avoir Dans ses bagages, des objets falsifsiés Qu'elle N'a pas pu préciser la destination. Main pour finir avec les douaniers, elle a dit que CES articles Était pour OFFRIR à moi à l'occasion de mariage prochain fils. Il s'gissait D'UNE Montre en or massif, du Caméra du dernier cri, des sappareils électroniques, des cassettes et DVD entre autres ... Elle pas prétendu que la cour n'était cele pour le commerce.
Les Douaniers Ont confisqué les objets et il Ont appelé Le fiancé pour rensenseignements d'autres. Mais les enquêtes Ont aboutit à des affaires anciennes Dans LESQUELLES L'homme malchanceux Avait déjà des Problèmes avec la police, Qu'ils amlgré N'ONT aucun rapport avec les faux objets de sa fiancée. Plusieurs procès ÉTAIENT Donc entâmés contre lui.
Sa fiancée libérée contre Était Une certaine amende et l'Homme Restait longtemps entre les mains des Policier Puis Dans le rouage judiciaire inteminable.
Bien que les Circonstances et prévisions montraient les Qu'il N'y Avait plus aucun problème de sortir de ce dilemme, il lui semblait apparaitre un Lueur d'espoir Pouvant Atteindre la fin de la SCÉ malheurs. Seulement Il Faut il attendre si longtemps, versez Qu'il Devienne vraiment un autre homme.
lundi 18 janvier 2010
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