vendredi 15 janvier 2010

Automne d'une femme poète

ADEL EL ZAÏM

Automne D’une femme Poète


Chapitre 1

Envie de rester au paradis


J’ai hérité de mon père, mort au printemps de mon âge, à seize ans justes, la fortune, le renommé, la beauté et ….ma sœur Anne! Cette dernière remplaçait ma mère décédée aussi, avant mon père. Elle est la pire des sœurs au monde, parce qu‘elle jouait injustement le rôle du‘une mère-poule, dominatrice et despote, malgré qu’elle fusse mon aînée de six ans.

Célibataire, puis mariée plus tard, c’était la même chose. Elle ne pouvait , plutôt ne voulait pas, changer d‘une pouce. Elle décidait tout pour moi; l’heure de manger; quand je devais me coucher; quand je pouvais sortir; avec qui de mes voisines ou collègues à l’école; combien je devais dépenser et d’acheter quoi; comment m’habiller; comment parler; comment vivre ou mourir …J’étais obligée de me conformer à toutes ces exigences de la sœur farfelue!

Anne était vraiment un monstre en chaire humaine ou un ange né de mille diables. Elle me punissait pour des petites erreurs ou des oubliettes minimes. Elle me frappait s’il fallait, giflait ou écrasait avec ses pieds, arrachait mes cheveux ou cassait mes dents .

Quant à moi, j’acceptais tout, parce qu’elle était une mère imposée de fait , être récalcitrante, protestataire ou rebelle .parce que j’étais orpheline et sans force . Je ne la jamais contrarié ou refusé ses ordres; jamais pris une revanche, jamais montré une irritation; car, je ne pouvais pas

C’étais l’enfer sous un rideau de faux bonheur de richesse et de solidarité familiale apparente . Malgré que ma mère était d’un caractère effacé devant son mari dont la famille étant plus riche; malgré l’affinité de mon père et son éducation religieuse bourgeoise , nous étions considérés, par les autres gens, supérieurs à tout le monde; décideurs de notre sort, de notre manière de vivre; indépendants, n’ayant aucun besoin d’autrui , surtout des gens moins riches que nous ; tandis que nous pouvons impérativement demander le service des autres, payant ou gratuitement.

Quand Anne est mariée, est devenue la mère des deux individus à la fois : moi et son mari . Ce pauvre dernier ne pouvant se défendre envers elle, était in capable de me défendre aussi . Au contraire, j’avais plus de courage de contester le comportement de ma sœur avec lui, qu’avec moi-même; malgré que mon attitude restait, elle-même, punissable et réprimée .

Je n’avais pas le choix; soit vivre, soit mourir . J’ai choisi de vivre bien entendu, en attendant un miracle qui me sauvera des dents de cette charnière .

C’est pourquoi j’ai trouvé dans la fiction mon abri spirituel. J’ai commencé de faire de la poèsie mon souci permanent ,depuis l’âge de seize ans . Mon premier poème était normalement intitulé ‘’ Sœur ennemie !‘’:

Fais ta colère dans tes ravages
J’ai sacrifié l’insoumission
Aux cruautés de tes ouvrages
Qui m’ont vaincu sans conditions

Chargez tes armes opérationnelles
Contre ma faible patrouille
Contre l‘amour fraternel,
Cette religion de la famille

Sauves-moi ma vie de l’entraînement
Aux fratricides de la haine
Je souviendrais du sale Satan
Que tu incarnes à l'humaine !

Si mon père était encore vivant, je ne saurais pas tombée dans cette abysse ouvert devant ma jeunesse, que ma sœur voulait m’y jeter comme un poisson mort. J’ai dû lui montrer mon obédience, obéir au doigt et à l’œil, en fonction de son hiérarchie dans une famille bourgeoise en manque de pluralité de progéniture !

La seule personne que j’ai adorée pendant mon adolescence était mon père. Un personnage sans pareil de tout les points de vues.

Je l’ai décrit dans mon carné de poèmes, que je garde religieusement :

Ta mémoire est gravée sur l’histoire
De ma vie, comble et homogène
En dignité et en gloire
Sans remonter sur la scène


Tu me donnes des mots en lumières
Et étais mon appui quand j’appèle
Mon maître, mon enseignant et mon père
Qui me fait rire ou pleurer, je rappèle


Père!Homme comme toi n’existe pas !
Ni en courage, ni en noblesse
Je te l’ai dis, hâtant les pas
A mon destin, si tu me laisses



Mon père aimait Anne autant que moi. Il n’avait que nous, deux filles, sans frère qui aurait, par chance, changé l‘hiérarchie . Généralement, et malheureusement d’ailleurs ,dans notre milieu , la fille aînée pouvait dominer et superposer, quand il n y a pas un mâle dans la famille; mais jamais à ce point-là ..

A son vivant, mon père évitait avec sagesse et délicatesse toute discrimination basée sur l’ancienneté dans la famille, et empêchait ma sœur de l’exercer pratiquement. Sitôt il meurt, elle a appliqué les lois de sa suprématie .

Dans l’histoire de notre famille il a y a un avant et un après la mort de mon père . La deuxième période marquait toute ma jeunesse et une grande partie de l’âge d’une femme mûre . Même cette dernière partie était imprégnée par une influence extraordinaire permanente , pas sur moi seulement, mais sur l’ensemble des gens que je connaissais, surtout les personnes qui m’ont aimée .

En fait, j’étais trop belle, trop fortunée , trop cultivée pour être aimée; par conséquent, je pensait qu’avec ses qualités, ne pouvais pas être la bien aimée d’un homme, un jour. Mes amis, mes collègues et d’autres personnes, que je connaissais ou que j’ignorais, n’avaient pour moi, en général, que la jalousie et la critique permanente . Ma sœur a doublé ce phénomène extravagant , en participant, plus ou moins, directement ou directement, à dire du mal de moi ,des offensives ou quelques fois ,interrogations malines sur mon état phisique ou moral, sur mes dons et mes talents , sur ma poèsie et ma culture …même sur ma voix en chantant mes poèmes!

Pour moi, ma sœur était, malgré tout une belle femme, normale sous les yeux des autres et cultivée; mais elle n’était pas poète . Ce talent est un don divin, qui n’est pas à la disposition de chacun . On peut être historien, physicien, astronaute, médecin,de tous les métiers , sauf ce qui touche aux muses , à l’inspiration artistique et culturelle .C’est pourquoi, j’avais un besoin spirituel de sortir de ma sœur.

J’étais poète de ma nature, et j’ai enrichie ce don par la lecture, la musique, l’esthétique et la nature. Les hommes, de loin, m’intéressaient comme source de réflexions , de méditations et d’émotions .Les femmes sur ce plan, non .

Pour les instincts sexuels j’étais comme tout le monde, pendant
l’adolescence et à l’âge adulte; mais certaines femmes jalouses inventaient n’importe quoi pur dire que je n’étais pas une femme parfaite sur cet échelon . Pour les antagonistes confirmées , j’étais frigide ou passive , pour d’autres une lionne et hystérique . Il y avait une troisième catégorie qui disaient que j’avais des anomalies physiques importantes dans les parties intimes de mon corps, comme si elles étaient des sages-femmes ou des gynécologues ! Une quatrième catégorie disaient que je parlais mal avec les hommes; que j’étais hommasse et insensible; que je sentais une odeur très spéciale, peu attirante; que mes cheveus et mes poîles étaient colorés ; que ma nature, mes goûts, mes désirs, ma moralité et mon comportement étaient tellement différents que ceux de toutes les autres femmes, dans le monde entier !.

C’était atroce de la part de ma sœur et les autres de m’avoir vue dans cette image falsifiée .. Je ne suis pas née belle par ma volonté. Je n‘ai pas beaucoup d’argent à cause d’une fortune que j’ai fabriquée moi-même . Puis , ma culture, si j’en avais suffisamment ou partiellement, n’est pas tombée du ciel . Alors , pourquoi cette animosité sociale généralisée contre moi?

Le mot ’’Paradis ‘’, me fascinait toujours. Il est pour moi la liberté, la nature, la vie simplement . Pour les autres, c’est la prospérité, les plaisirs et une vie diversifiée avec des excès de tout : des fleuves en miel et en vin; des palais en or massif; des belles créatures, hommes, femmes, enfants et animaux, tous jeunes et désinvoltes; des anges par milliers; des fleurs de toute couleur; des fruits délicieux accessibles, à la portée de main , tout en restant allongé, tendu sur des lits en soie et fils d’or et argent etc. Je me contentais de ce que j’ai et je me réjouissais de tout ce que ma sœur m’offrirait, quand elle se dotait exceptionnellement de bonne humeur ; mais j’avais paradoxalement l’angoisse dans la joie , la fatigue dans le repos, l‘homogène dans le contradictoire. Ce que je voulait c‘était autre chose , mon paradis à moi, la liberté . .

A la maison, j’étais à la fois maîtresse et bonne . Je m’explique : nous avions plusieurs employés et domestiques; un chauffeur pour notre grande voiture noire, celle que mon père l’utilisait de son vivant ; une cuisinière et une domestique pour le ménage, en même temps, femme de chambre et secrétaire privée, discrète et trop sérieuse, à ma sœur exclusivement . Or, si j‘ai demandé quelque chose attribuée à un de ces employés , je me trouvais détestée, reprochée, critiquée ; soit parce que c’était leur travail, donc, selon ma sœur, doivent obéir à mes ordres et exécuter ce que j‘avais à faire; soit, au contraire, c’était à moi de le faire parce que exagéré ou dépassant les limites que ma sœur aurait dessinées ou parce que considéré comme une zone réservée, entrée exclusivement dans le cadre de ses propres privilèges .

Si elle me trouvait occupée de quelque chose , sans avoir l’averti d’avance ou lui demandé la permission , elle me disait toujours : « Tu n’avais pas autre chose à faire? Viens m’aider un petit peu ! » et c’était quoi ce ’’petit peu’’? C’était toujours quelque chose à elle , qui l’intéresse personnellement ou qu’il lui faisait plaisir !

J’en avais mare de cette vie appelée familiale, à sens unique ; mare de cette fausse mère-poule; mare de la richesse ;mare des employés et domestiques; marre de la bourgeoisie entièrement . J’avais envie de vivre dans le monde que j’ai crée dans mon imagination, ce qui correspond exactement à mon paradis :

Dits, nouveau soleil, accueillant
La nuit ne connaissait pas de fin ?
As tu été sourd pour longtemps?
Cette prison durera pour autant ?
Toutes les routes et ruelles son fermées
Et le blocage est imposé à tous.
De mille mois, ou encore plus
Enfermée

Vas-tu punir tous ces crimes , un jour?
Ou ils seraient emportés par le vent ?
Tu va dire, nouveau jour, à présent,
Si j’attends , tu seras de retour

En effet, cette nuit qui dure depuis la mort de mon père ne verrait jamais le jour, ni quand j’ai dépassé les années de l’adolescence, curieusement plus longues chez moi que chez les gens normaux, ni le temps quand je suis devenue belle -fille après le mariage d’Anne d’ un homme supposé changer quelque chose à la maison, à la discipline des plus terribles des familles bourgeoises .



Chapitre 2

Bonheur empoisonné


Continuer d’être célibataire ne me gênait pas outre mesure. Ce qui m’inquiétait à l’âge de dix huit ans, était le fait que ma sœur continue à décider tout pour moi. Elle a refusé tous les candidats qui se sont personnellement présentés à notre domicile, ainsi que les autres, absents mais proposés par intercalation, par des familles qui nous connaissaient bien et savaient combien nous étions riches. La réponse de ma sœur était différente pour chacun, mais négative pour tous les candidats :

« Jeanne ! Il est trop jeune pour toi.
Il est assez vieux pour le refuser tout de suite .
Il n’est pas aussi riche comme toi.
C’est un bon garçon, mais trop beau; qu’est ce que je peux faire avec deux dindonneaux chez moi ?
( l’un de ces dindonneaux c’est moi)
Il n’est pas beau.Donc, refusé !
Il est grand par rapport à toi.
Il est trop petit pour marcher avec toi dans la rue…. »

Le résultat était que tous les arguments des candidatures de mariage étaient réfutés . Pour moi, la plus grande partie de ces candidats étaient acceptables !

J’ai publié certains de mes poèmes, avec l’approbation de ma sœur qui n’ avait même pas lu mes œuvres avant, ni après la publication. Cela m’était égale, qu‘elle ne les lise pas, mais je l’en voulais pour ne pas me laisser savoir son avis sur ce que j’ai écrit. C’était important pour moi de connaître les intentions de mon antagoniste .

J’ai voulu ,en fait, la faire comprendre que j’étais un être humain qui vivais avec des sentiments et des émotions. Je souhaitais revaloriser devant ses yeux mes idées et mes réflexions, qu’elle cesse de me considérer comme nulle, un rien de rien !

Parmi les rares poèmes que j’ai écrits pour manifester intuitivement mes réactions contre ses attitudes, des vers satiriques n’ayant aucunement la véritable image de ma sœur, physiquement; mais reflétant ses caractéristiques intrinsèques qui la transforme en femme très laide, vieillissante et cruelle à la façon du portrait variable de Dorien Gray, du fameux écrivain Oscar Wilde : .

Idiote; personne n’était crée
A son image et son allure
Dans ses paroles et tournures
Quand tous se moquaient d’elle !
En compliments si ridicules

Si elle prenait certaine de rues
Elle se vidait des passagers
Les singes sont sûrement épris
Mais les hommes ont fait mépris,
A l’univers de la stupeur

Elle croyait si attirante
Que le mourant souris pour elle !
Personne n’en fout, de son côté
Quand la laideur devint beauté
C’est l’univers de paradoxe


Ceci dit, une large inspiration dans le domaine de faire la poèsie , qu’on peut l’appeler ’’ bonheur empoisonné ’’a marqué mes poèmes .On dirait de cette inspiration , un miraculeux oracle de nouvelles prophéties qui m’a donné le droit de me réclamer adepte et disciple .Une confession perpétuelle des tourmentes d’existence , un peu maladives, à cause de ma sœur !

On dirait que tout cela est, sans doute, né des concepts comparables a ceux de Schopenhauer dans sa philosophie pessimiste .Ce qui m’a rendue, paradoxalement, par déception permanente et par résignation, une créature de nature flexible, conciliante et amoureuse des compromis et demi-mesures.

En effet, je n’ai pas changé de ma nature que le jour où Anne était mariée avec Claude, un type aussi âgé qu’elle; aussi riche que nous également, mais timide et effacé ; Or, après avoir aménagé dans la maison une suite qui serait séparée de toutes les pièces, surtout de la mienne, on entendait au long de la journée, quand le mari est chez lui, dans sa chambre ou ailleurs: « Claude, viens là. Claude, ne viens pas. Claude, faits ceci. Claude, faits celai … »et le pauvre mari exécutait tout sans rien dire;sans protester ou montrer la moindre irritation. Quand il était absent , toutes les erreurs du monde sont attribuées à lui ; elle-même en était toujous rien .
C’était ,tout le temps, lui qui est fautif et responsable .Et lui, ne pouvait rien dénier quand il revenait et écoutait les reproches , sinon …….

La situation m’a fait révolter; j’ai commencé, d’abord dans ma tête, plus dans les faits suivants , à reconsidérer tout à l’égard de ma sœur. Il m’arrivait parfois de me dire que Claude, le mari trop gentille et tendre à l’extrême , avec sa femme, avec les employés de la maison et moi- même, pourrait s’intéresser un jour à regarder un peu autour de lui et me trouver attendre de lui un geste ou un mot, pouvant me défendre ; mais il était depuis son mariage, un véritable ganache, incapable de montrer une autorité risquant même de se défendre . Au contraire, j’avais plus de courage de contester le comportement de ma sœur envers lui, qu’avec moi-même; malgré que mon attitude restait, elle-même, punissable et réprimée.

Je me suis dit qu’il pourrait sortir, lui aussi , du carcan de l’existence que ma sœur lui a mis autour de son cou . Il aurait pu trouver en moi, loin de cette impudence, l’ombre qui l’abrite des rayonnements brûlant qui tombent atrocement, tous les jours, sur sa tête ; je pourrais lui souffler des brises fraîches qui pouvaient adoucir le volcan de ses profonds, s’il sentait vraiment son aliénation complète née de l’autorité du monstre, ma sœur! À l‘instar de moi- même !

Elle continuait , pourtant, après son mariage avec Claude, à me considérer une impuissante orpheline, isolée presque dans sa chambre , malgré des réactions visibles qui se développaient lentement chez son mari .

Furieuse comme d‘habitude , elle m‘a dit, une fois : « Il faut que tu changes ce ton grave et assourdit comme un homme » .

Mais ,cette prétendue qualité que ma sœur m’attribua; m’a , pourtant, favorisé les conséquences dans la vie extérieure .Elle m’a aidé à trouver des ouvertures dans l’exercice du métier de poète, si j’ose dire , que c‘est un métier .

Une station culturelle à la radio, m’a désigné responsable de l’émission hebdomadaire consacrée à la poèsie. Là, que j’ai réalisé mon premier contact direct avec le public et avoir un certain succès .

Ma voix lente et grave avait ,en conséquence ,contrairement à la pensée de ma sœur, participé réellement à cette réussite; Claude, lui- même, me l‘a dit une fois, en absence de sa femme; il trouvait que la lecture des poèmes profite largement de cette qualité, pourtant moins appréciée dans d’autres domaines, surtout par les femmes qui voient dans la voix aiguë un signe de féminité; et les hommes qui la considèrent excitante sexuellement .Pour lui c’était donc, le contraire

Mon changement de métamorphose morale était réalisé à l’extérieur donc, pas à’intérieur ; car dans le cadre du dernier cas, c’était impossible de faire quelque chose ! Alors je me suis rapprochée d’André par de différents prétextes imaginables.

Dans le monde de travail, même réduit à une émission d’une demi-heure à la radio, m’a donné la confiance en moi-même. Il m’a comblé de l’amour de la poèsie et l’attachement à un public qui apprécie la magnificence de cet art.

La première connaissance d’un homme cultivé et brillant, était faite par le directeur-même de cette station de radio. Il était vraiment généreux et ouvert à ses
collaborateurs et au public . . .

Notre relation est restée limitée par les soucis culturels professionnels. Je n’ai pas osé de parler de lui devant ma sœur, peur de penser qu’elle puisse deviner mon admiration personnelle de cet homme. Mais les mois suivants, elle a entendu de lui, à plusieurs reprises, à cause de ses communications téléphoniques de travail; et elle a commencé à poser des questions sur lui.

En réalité, je ne savais rien de la situation sociale ou familiale du directeur de la station. Je connaissais seulement ce qui touchait à sa responsabilité administrative et culturelle et à certains aspects de ses qualités comme homme de culture, pas plus. Mais cela intéressait très peu ma sœur. Celle -ci voulait savoir s‘il y avait, plus ou moins, un lien sentimental entre lui et moi.

Mes réponses paraissaient insuffisantes pour sa curiosité et ses soupçons, elles m‘ont rende la vie professionnelle difficile.. Mais j’ai résisté à son attitude négative, et continué mon travail sans faire attention, pour la première fois, à ses réactions. Mon changement de métamorphose morale était réalisé à l’extérieur donc, pas à’intérieur ; car dans le cadre du dernier cas, c’était impossible de faire quelque chose ! Alors je me suis rapprochée d’André par de différents prétextes imaginables.

J’ai appris, plus tard, qu’André, le directeur, était veuf depuis peu, autodidacte, origine d’Alsace, qu‘il habite dans les banlieues Nord de Paris. Or, pour ma sœur, prétentieuse, bourgeoise raciste, André ne serait jamais candidat à mon mariage, à cause de ses quatre défauts !

Quant à moi, je n’ai jamais pensé à avoir une perspective quelconque de me marier avec mon directeur ; en plus, si je respectais cet homme, ce n’était pas sur la base des critères d’origine sociale ou de niveau de vie; mais parce qu’il était intéressant, admirable au point de vue culturel, charmant physiquement, aussi.

En dehors de cette question d’André, j’aurais pensé à me séparer de ma sœur et son mari; d’habiter seule, libre et indépendante. J’avais les moyens nécessaires pour réaliser de tels projets, qui sont tout à fait naturels de nos jours. Mais, en réfléchissant, je me suis dit : je suis chez moi, autant qu’elle. Je suis propriétaire à titre égal de notre habitat, de notre grande voiture et bien d’autres choses, comme propriétés de terre ou actions à la bourse. En outre, les employés et domestiques n’aient pas payés par ma sœur, mais par notre argent, à nous deux. Enfin, je suis habituée à tous les locaux de notre grande maison et notre vaste jardin et je ne suis pas tentée de les changer. Claude n’a jamais contredit ça; il respectait cette situation et il reconnaissait entièrement mes droits, chez nous .

Mais ma sœur avait le mépris de mes prétentions légitimes, inconsciemment peut-être, parce qu’elle n’était pas voleuse, ni usurpatrice; elle est simplement folle et déséquilibrée .








Chapitre 3


Rien que ma vie




. André, mon sacré directeur était, en effet, un homme formidable, compréhensible. Peut -être qu’il était épris de moi, pour faire ce qu’il faisait .

Par exemple, je lui ai proposé de diviser ma mission de l’émission poétique à la radio en trois parties : la première, consacrée à la lecture de la poèsie, ancienne et moderne; la deuxième, entretien avec un poète ou un critique littéraire, la troisième, débat effectué avec le public, en direct, par communications téléphoniques.

André a réfléchi un peu, puis il m’a dit :

« Est-ce qu’on peut ajouter une quatrième partie, dans laquelle vous lisez un poème de votre propre poèsie, à chaque fois? »

Alors, j’avais envie de pleurer de joie.

Pourquoi m’a-t-il accordé ce grand honneur, de communiquer directement mes poèmes au public? C’est la première fois que je pourrai lire mes poèmes, à une large audience, à la radio en plus.

Je l’ai remercié et doublé nos rencontres dans son bureau, pour discuter les développements de l’émission ; j’ai recevais, de temps en temps, des compliments et des conseils très utiles; il m’a même accordé des augmentations de rémunérations .

Mon premier poème que j’ai lu à la radio, racontait un conte de fée
poétique, autour d’une femme peintre orientaliste et son mari, et de l’amour conjugal qui les lie intensément :



A l’atelier, qui nous semble accueillant
Notre peintre de talent, était prête
D’élaborer ses tableaux excellents.
Elle mis son ennui en défaite

Elle dessina un roi brun et charmeur
Au palais, est entré souriant
Toutes les portes sont ouvertes à l’honneur
Du grand roi, et son élite des gens

Grande salle dessinée grandiose.
D’or massif était faite cette merveille
Pour accueillir, invités et danseuses.
Tous sont ravis d’une musique qui s’éveille !

Une danseuse apparaît, dénudée
De dos, d’épaules, et les seins balançaient
Le roi n’a pas cessé de regarder
Les pentes des hanches et les jambes évincées

Au grand ministre, dit le roi des sultans
Demande-toi à toutes, me rejoindre
Dans mon lit; je serais très content.
Jusqu’à l’aube resteront ! Rien à craindre

Notre peintre remarqua femme qui vient
Ressemblait, trait pour trait, à elle-même
Elle s’assoit bien sagement dans son coin
Et donna à la peintre une alarme !

D’un seul coup, notre peintre comparue
Pénétrant au tableau entrouvert
Remplaçant l’autre femme disparue
Elle aussi s’est trouvée dans la serre

Comment faire pour sortir du dilemme?
Si le roi voulait choses qui dépravent
C’est la fin d’aventure très infâme!
Si elle est agressée comme esclave !
Vieux sorcier est sorti d’une grande jarre!
Semblait sage, raisonnable et doué
Elle demande un conseil au vieillard
Pour qu’il laisse son destin à jouer !

Le vieux dit : pour sortir de l’impasse
Il te faut mots d’amour très suaves
Qui traversent tous les murs et l’espace !
Tu retournes, par la suite, saine et sauve

Par miracle, le mari arrivera
A son grand étonnement, il la vue
Au tableau elle supplie qu‘il prendra
A sauver du danger, s’il a pu !

Le mari , effrayé mais fidèle
De son âme et son cœur, il l’appèle
Tu reviens ! tu me manques;et je t’aime!
Le tableau s’est ouvert devant elle !

Son épouse revenue dans ses bras
Le bonheur, de retour, les comblait
C’est le couple amoureux qui vaincra
Toute épreuve, réussite d’emblée

Avec André, je n’ai pas osé dépasser le stade d’amitié . Probablement à l’époque, je ne connaissais ce phénomène d’amour que par la poèsie et les sentiments imaginés . Alors je me suis posée, à plusieurs reprises, la question suivante : Est -ce les règles de la poèsie, parlant d’amour, exigent-elles un véritable poète amoureux ? Si c’était mon cas, pas encore amoureuse, devais -je continuer à observer l’abstention? N’ y a -t-il pas de possibilités naturelles qui permettent d’éprouver des faux sentiments , comme plusieures poètes les avaient faits avant moi? C’est l’avenir qui répondra.

Ma sœur Anne a cessé, enfin, dans le cadre de mon travail , de m’inculper des erreurs que je n’ai pas commises; surtout en ce qui concerne ma collaboration avec André . J’ai gardais, en fait, le même rythme de vie comme avant, pendant des longs mois passés à la station de radio. Je croix qu’elle était sûre que rien n’est passé avec André .

D’ailleurs, elle n’a jamais écouté mon émission, pour imagier ma situation à la station et apprécier mon travail là-bas, comme si elle avait condamné d’avance à l’échec toutes mes activités professionnelles et interventions poétiques. Son mari ne m’écoutait pas, non plus, soit parce qu’il s’intéressait peu à la poèsie , soit par peur de sa femme, en partant du

principe qu’ un couple doit être uni , même dans l‘appréciation de l‘oeuvre de leur pauvre sœur !

Mon émancipation est donc réduite à une vie extérieure relativement libre, dans les domaines des idées, des réflexions, des discussions, mais pas en actes physiques. C’était le tabou qu’on ne parle pas, ni même y penser, et l’interdit absolu.

Bien entendu, les désirs ne me manquaient pas ; je les sentais normalement, et je l’ai mis, en outre, à leur place dans ma poèsie. Si je suis belle, j’aurais encore longtemps à soigner ma beauté pour la mettre en œuvre, plus tard, entre les mains de l’homme qu j’aimerais.

J’aurais vingt ans prochainement et mon prince charmant , monté sur son cheval blanc doit attendre. Mon imagination comblait entièrement ma vie nouvelle, et j’en suis contente.. très contente.

Longtemps est passé ainsi . Je suis restée deux ans à la station de radio; puis j‘avais une proposition venue d’une chaîne de télévision , nouvellement créée, que je travaille à cette chaîne , simultanément avec mon travail à la radio.. J’ai accepté l‘offre et André en était ravi, puisque je garde mon poste chez lui.

Plus le temps passe, moins j’ai envie de quitter mon clan familial, malgré le comportement inchangeable de ma sœur , surtout qu’elle a fait deux enfants, et l’impensable comportement froid de son mari envers moi .Quant à leurs enfants ,une fille et un garçon, je les ai trouvé, par ailleurs, adorables .

Le comble est que ma sœur a appelé sa fille ’’Jeanne’’ , comme moi;la pauvre enfant! A-t-elle pensé qu’elle a crée une autre poupée à jouer grossièrement avec, comme elle a fait pour moi, les dernières années? Ou elle a voulu renouveler les destinées de chacun et avoir une fille meilleure que moi, qui représente une créature idéale que je n’étais pas moi-même ?

J’aimais énormément ces deux anges, qui m’ont poussé à consacrer le temps nécessaire pour m’occuper d’eux, plutôt que penser aux bêtises et méchancetés de ma sœur.

Des mois et des mois sont passés et j’ai maintenant vingt cinq ans et je suis restée célibataire. Anne avait toujours tant d’occasion à s’amuser de refuser tous les hommes qui se présentaient pour demander ma main.

De mon côté, j’étais très occupée d’améliorer ma vocation de poète, en lisant beaucoup et participant à différentes activités et manifestations culturelles et artistiques; sans oublier, naturellement, mon travail double aux postes qui demandaient aussi des longues heures d’effort; en examinant les textes, les répéter souvent et en écrivant nouveaux poèmes de mes oeuvres, pour lire l’ensemble soit à la radio, soit à la télévision.

Je suis devenue une vedette heureuse; oui, c‘est vrai que je suis heureuse, mais malheureuse en amour.



Chapitre 4

Est-ce que tu m’aimes ?


Mon petit-neveu et ma petite-nièce vont ensemble à l’école primaire; toujours accompagnés d’une bonne, dans notre grande voiture noire, comme d’habitude. Ils sont délicieux tous le deux quand ils reviennent le soir pour courir d’abord vers moi et m’embrasser avant leur mère, ou leur père s’il est là. Anne me regardait méchamment avec des yeux rouges et jaloux; mais elle ne pouvait rien contre l’intuition des enfants et leurs sentiments naturels .Toutefois, pour elle, il ne s’agissait que des caprices infantiles ..

A l’approche de la fin d’année scolaire, vers mi-avril; la directrice de l’école adressa une lettre à Anne et son mari, pour leur faire-part du projet de la petite fête que l’école va organiser à cette occasion.

A la fin de cette lettre, la directrice s’est permis de proposer que je participe à la préparation de cette fête, en tant qu’une spécialisée (sic)dans le domaine de poèsie, parce que les enfants vont lire certains vers de La Fontaine et la directrice aimerait bien les entraîner à lire correctement, sans fautes, sans prononciation défectueuse, surtout que nos petits diables étaient choisis, les premiers parmi les écoliers de leurs âges, je ne sais pas pourquoi, à monter sur scènes. Elle a suggéré que je prononce(sic)également certains poèmes qui seront adaptés à cette occasion. Elle a ajouté enfin que j’étais , quand même, une ‘’ancienne ‘’ de cet établissement, qu’elle se souvient bien de mon nom, parce qu’elle aussi, était une ancienne institutrice.

J’aurais pu refuser cette mauvaise convocation, bizarre et impulsive, mais j’ai accepté malgré tout, uniquement à cause des enfants d’Anne que j’adores.

Au lendemain, dans l’après midi, je suis allée seule, contrainte, contrariée et à contre volonté, pour rencontrer la directrice; j’ai choisi ce temps, pour ne pas accompagner les enfants et la bonne, dans la voiture bourgeoise noire que je détestais

La directrice m’a reçue brièvement et froidement, car; à cette époque elle disait qu’elle était très occupée ! Cela n’importait que très peu . Mais elle m’a dit que le responsable de l’organisation de fête s’appèle ‘’Abdul Hamid’’, que je dois le
voir pour cette affaire, puis elle a ajouté : « C’est un beur nord-africain, mais il est très doué ! »; en fait j‘ai été assez agacée par le mot ’’mais’’ , comme si c’était la règle qu’un nord-africain, ou un beur comme elle dit, ne doit pas être toujours doué ! Passons-nous de ces bêtises racistes. J’ai cherché par tout le dénommé Abdul Hamid et je l’ai trouvé dans la salle de gymnase.

C’était un jeune brun, cheveux courts crépus, pas mal physiquement. Je me suis présentée à lui, comme proche des deux diables, enfants de ma sœur Anne , qu‘il ne la connaissait pas et il m’a dit instinctivement qu’il me connaissait, moi-même, de nom. Il m’a expliqué qu’il est amateur d’écoute de la poèsie, et trouve que j’ai une voix magnifique et une façon agréable de lire les poèmes. Je lui ai remercié pour ces compliments et nous avons commencé directement à parler de l’organisation de la fête et de la poèsie de nos écoliers .

Certes, le sujet de discussion n’était pas tellement enrichissant au point de vue culturel qui m’intéresse avant tout; mais j‘ai apprécié de mon interlocuteur, sa politesse, son intelligence et sa vaste connaissance de la poèsie en général. Il m‘a dit que lui arrive, quelques fois, de faire de poèmes, en arabe et en français. Je lui ai répondu, sur ce point, que je connais un nombre important des francophones qui font la même chose en France ou à l‘étranger .

Cela a bien commencé, je le trouve, depuis la première rencontre .

Pendant les semaines suivantes, notre connaissance s’ est transformée en compréhension mutuelle, puis en complicité évidente et enfin, en véritable amitié.

Je l’examiné encore physiquement; il était grand, pas très beau en fait; il faisait deux ans ou trois ans mon aîné, mais il donnait un bon exemple d‘un beur de comportement bien adapté à la française. Il ne m’a pas dit s’il est marié en France ou célibataire. Il m’a dit seulement qu’il habite seul dans un studio proche de l’école.

C’était la première fois qu’une rencontre est faite, pour moi, avec un homme simple, non prétentieux, non bourgeois, non intéressé comme les autres personnes que j’ai rencontrées dans le passé, au milieu de nos connaissances familiales .

C’étais également la première fois qu’une évolution d’amitié, à ce stade, a été épargnée du contrôle et des commentaires de ma sœur . Il semble qu’elle a oublié momentanément d’exercer ses investigations et enquêtes habituelles à l’occasion de cette rencontre avec l’instituteur, parce qu’il s’agissait de ses enfants et leur participation à la fête de la fin d’année . C’étaitça la chose primordiale pour elle .

J’ai remarqué qu’à chaque fois je quitte la salle de gymnase et je rentre chez moi, je réfléchissais à ce qu’il disait ,je mémorisais ses gestes en parlant, sa physionomie en action et en repos; je me rappelait sensuellement à ses regards naïfs , des fois tendres, en m’écoutant . Est-ce que je l’aime? Et surtout, est-ce qu’il m’aime? J’étais, en effet , étonnée de moi-même, à cause de ces questions que je me posais devant ces circonstances, pourtant banales et commodes , dans le sillon de tous les jours ..

Une fois, en sortant de la porte de la salle de gymnase, nous nous sommes entrés maladroitement en collision, presque collés l’un à l’autre. J’ai senti sa force phisique et sa large poitrine musclée . C’était normal d’un instituteur de sport d’être fort. Mais cette collision involontaire a laissé dans mon cœur , et peut être, dans mes sensations intérieures, des traces importantes .

Ce jour là, j’ai rêvé de lui la nuit, et je me suis réveillée à une heure avant l’aube, pour écrire sur mon carnet quelques vers .

Ce carnet de poèmes je le garde impérativement sur ma table de nuit, à côté de mon lit, à la portée de la main, parce que je risquais de faire accidentellement la poèsie pendant mon sommeil ou, quelques fois, au cours de mes rêves ! Je me lève, à chaque fois, pour écrire les poèmes , faute de quoi j’ai peur de les oublier le lendemain matin .

J’ai écrit :

Les plus durs de l’âme et cœur
Ont pitié et complaisance
Si je meure de ton amour,
Tu dénigres la souffrance

Tu m’attises le feu la nuit
Et le jour tu es absent
Je t’appèle la nuit qui suit
Mais tu n’es qu’ entreprenant !

Je parle de toi à tous mes sens
Imaginant tu es en moi
Mais tu présentes le contretemps
Et je subie les pires émois


Tout les semaines j’avais avec Abdul Hamid, une heure de discussion et de préparation des plans; plus l’entraînement de tous les enfants, mon neveu et ma nièce compris. Donc, je n’avais avec lui que quelques instants pour entamer, de façon différente, un sujet qui fait plaisir à nous deux . Je pense à lui tendrement;il pense à moi professionnellement; ce n’est pas la même chose.

J’avais envie de lui demander : « Est-ce que tu m’aimes? », mais il est très loin de tout ça .Croit-il que je suis trop belle pour lui, comme m’a sœur disait pour certains hommes, candidats à demander ma main? Aimait-il une autre fille, ici à Paris ou dans son pays d’origine ? Pourquoi est -il lent à me faire des avances jusqu’à maintenant; il est temps de le faire, je pense?Alors de quoi il a peur? Est-il homo? Est-il impuissant? Est-il tellement timide qu’il ne peut pas prononcer ordinairement une déclaration d’amour? Pourtant c’est facile .

Nous avions des entractes, et du temps mort, même trop court ; il pouvait malgré la présence des enfants, trop petits pour comprendre, me dire quelques choses en chuchotant . Hélas , il n’a pas fait .

Je hallucinais beaucoup de cette façon là, jusqu’au jour de la fête d’école .Notre collaboration devait arriver à sa fin . Qu’est-ce je fais ?

Nous avons échangé nos coordonnés ; mais est-ce suffisant? Je ferai donc le premier pas qu’il n’a pas réalisé lui, avant qu’il prenne ses vacances d’été et s’absenter longtemps dans son pays.

Aies le courage , Jeanne ! Si tu peux .






Chapitre 5

Premier véritable amour


Au printemps de mon émancipation émotionnelle, mes relations avec deux personnages masculins de nature et civilisation différente, ressemblaient à deux aiguilles d’une même montre :

La première, celle qui indique des heures, représentait André, l’homme poli, cultivé, brillant professionnellement, globalement peu attiré par ma féminité, peut-être par les femmes tout court, n’est préoccupé que par son travail. Donc, il est nul sur les plans des impulsions amoureuses ou sexuelles.

La deuxième, plus rapide, consacrée à montrer des minutes, désigne Abdul Hamid, le jeune sportif, poète, bi-langue, musclé et craintif. Il est, par conséquent, peu actif, mais il présente des perspectives dans le domaine des sentiments, pourquoi pas plus, dans d’autres domaines qui intéressent les femmes avides d’amour comme moi ?

On dirait que j’avais deux amours à deux vitesses différentes, l’aiguille André, petite et lente, malgré la valeur qui représentait à compter le temps, m’intéresse de moins en moins, en opposition avec l’aiguille Abdul Hamid.

A la réflexion, donc, c’est vers ce dernier que tout mes sens et sentiments se dirigent. Ne me manquant pas de courage, je lui ai téléphoné au lendemain de la fête scolaire, pour lui dire que notre contact doit perdurer et notre amitié se renforcer, en fonction et à mesure de notre compréhension mutuelle et nos intéressements communs. C’est normal, non? Je me suis dit .

Il m’a proposé qu’on se voie dans le café qui est en face de l’école et qui sera fermée le jour même. J’ai répondu que cette une merveilleuse idée. Le rendez -vous avait lieu une heure après, je préfère dire soixante minutes après, puisqu‘il s‘agit de l‘aiguille Abdul Hamid.

Au café, j’ai demandé une boisson alcoolisée ; lui, un thé. On a commencé de parler de banalités, des brèves commentaires sur le déroulement de la cérémonie juvénile . Puis, il m’a dit :

« Je garde à cette occasion les meilleurs souvenirs de rencontrer une jeune poète célèbre, et travailler avec elle pendant plus d’un mois »

J’ai dit : « Je vous remercie ’’Abdul‘’ pour ces compliments que je ne mérite pas vraiment, parce que je suis encore très jeune pour être grande en poèsie ,mais votre admiration me touche énormément »

Il m’a attiré l’attention, très délicatement , qu’il s’appèle ’’Abdul Hamid’’ , un prénom composé de deux mots, et que ‘’ Abdul ‘’ ne signifie rien en langue arabe ; malheureusement c’est une erreur commune commise souvent en France, il a dit.

Cette remarque accidentelle ne m’a pas fait rougir le visage , mais je l’ai enregistré en ma mémoire, en respectant l’enseignement dérivé de l’étymologie en relation avec les coutumes des peuples. C’est intéressant et utile pour ma connaissance littéraire .

Abdul Hamid a ajouté avec un air complaisant:

« Je tiens à vous dire ça; parce que, pour moi, c’est très important de m’appeler ’’ Abdul Hamid’’, qui sort plus agréablement , avec sa forme correcte, de votre bouche ; que je l‘entende plus d‘une fois de vous, comme si notre amitié était plus longue et plus familière! »

J’ai dit: « Merci de m’avoir précisé ça, parce que moi aussi, je tiens à vous appeler de votre prénom exact! »

Alors, le fait qu’on a prononcé mutuellement des expressions de genre : ‘’ je tiens à …’’ et d’autres termes semblable, au cours de notre entretien, montre que nous avons entamé une étape décisive dans notre compréhension sentimentale. Selon mon projet initial, je pourrais ainsi partir de ça pour arriver à mon approche forte et décisive.

Je lui ai dit alors :

« J‘espère que vous aller m‘écrire de là-bas, pendant les vacances d‘été, que vous continuer à écouter mes poèmes à la radio et me voir à la télévision, si vous en avez l‘occasion »

Il me semblait qu’après mes phrases amiables, plutôt attirantes pour quelqu‘un que je connais depuis seulement un mois et demi, Abdul Hamid s’est montré moins timide et plus audacieux que je n’ai jamais pensé.

Il m’a répondu :

« Bien sûr que je vais penser ’’beaucoup’’ à vous. Je vais vous faire même de
poèmes, pour parler ‘’ensemble’’ d’une langue ‘’partagée’’ ! »

Tous ses mots que j’ai soulignés prouvent bien que je ne revienne pas chez
moi, les mains vides; mais je reconnais que ce sentiment relève des réflexions d‘une jouvencelle nouvellement arrivée au monde des hommes ..

Nous sommes restés longtemps au café, puis nous avons marché un petit peu, pour qu’il m’arrête subitement devant un immeuble, pas très loin de l’école, en disant : « C’est ici que j’habite. Voulez-vous prendre un café là-haut? »

J’ai simplement dit : Oui; et c’est là-haut, dans son studio, je ne me souviens plus de quel étage, que j’ai fait l’amour pour la première fois de ma vie!

Il m’a caressé, et m’a dit des mots d’amour que j’entend,pour la première fois, de la bouche d’un homme.. il me chuchotait d’une voix très douce à mes oreilles .Il m’a assuré qu’il est tombé amoureux de ma ‘’ beauté’’, de ma ‘’culture’’ de ma ‘’douceur’’, bref, de tout ce que je n’avais pas entendu d’un autre avant lui, avec cette crédibilité et sincérité, étant donné que je n‘ai jamais couché avec quelqu‘un auparavant .

Il faisait bien l’amour aussi, je suppose; car, la façon d’embrasser, de serrer la poitrine, de donner ou prendre des baisers, de toucher mon corps, était différente de tout ce qu je lisait dans des romans, ou j’ai vue dans des films, même dans mes rêves les plus osés .

Je n’ai pas quitté le studio d’Abdul Hamid qu’à vingt heures; c’étai trop tard pour moi; car, ma sœur serait très inquiète et il me faudra la patience que j’éprouve une longue enquête, qui va prendre au moins deux heures . J’étais fatiguée, mais comblée de plaisir et sentiments amoureux en même temps; cela demanda un certain délai pour me récupérer et me comporter sciemment devant ma sœur .

J‘ai rêvé de lui pendant la nuit. Mais, il faisait l‘amour avec une autre femme, puis avec une deuxième aussi ; et après chaque rêve, je me éveille étourdie , troublée.

J’ai décris, en poèmes, ce qui fut passé dans mes rêves .Je l‘ai imaginé chanter, lui même , en parlant avec une de ses Vénus :

D'une âme légère et une voix douce
La mince fille ,comme rameau
Elle pris la route sur ses pouces
Et les pas étaient très beaux

Féminités attisent le feu
Lançant des piques à mon cœur
Et je la vois venir en jeu
Sans qu’elle sent d’aucune peur

Quand elle laissa tomber la robe
Blancheur du corps est apparue
J’ai embrassé son corps à l’aube
Et mes baisers étaient le cru


Elle en cachait, en faire des mimes
Des hanches, du ventre, et nombril
Ce qu’elle avait de ses intimes
Des seins brûlés et des mamelles !

Giron plié, des jambes serrées
Une femme parfaite en nudité
Et ses regards se retiraient
Ils sont un don d’humanité

A ses désirs, volcan en feu
Des laves collantes qui se fondaient
Quand on perdu raison, un peu
Et les désirs sont débridés

Les seins très fermes endormis
Sur ma poitrine palpitante
Et notre barque compromis
La joie des deux, trop excitante

La grande tourmente s’est produite
Du fou tonnerre en gémir
Est parvenue , tout par la suite
A la hauteur des grands plaisirs

Un lit cassé et plis en fugue
Des quatres pieds il reste rien
Et elle m’a dit, faisant la figue
Tu m’aimes autant quand je reviens?

De peur nous voir mourir d’amour
Des anges demandent la raison
Quand le matin est de retour
Ils sont déjà à leur maison !


Je me suis réveillée comme dans le rêve, très épuisée mais sans extase comme la fille du lit cassé, ,ni même avec des fantasmes particuliers . Je suis allée à mon travail à la télévision sur des pieds faibles, engourdis et relâchés.

Abdul Hamid a retardé son voyage des vacances d’été de deux semaines, et nous en avons profité pour faire plus d’amour dans son studio; une fois ou deux à la campagne, dans des petits hôtels, ou carrément dans la nature, en écoutant les oiseaux et regardant dans le ciel .

L’amour est beau en liberté, en oubliant le monde entier, y compris ma sœur, y compris Claude ou André et tous les hommes au monde.…C’était Abdul Hamid et rien que lui . .

Cela m’a laissé songer: pourquoi je n’avais pas la volonté et le courage de me révolter, de tout casser, de tout démolir pour arriver à de moments de plaisirs qui valaient le coup de faire . J’ai perdu, jusqu’à rencontrer Abdul Hamid, de tonnes des sentiments et des fantasmes fous, avec des hommes que j’ai dû trouver et aimer .On dit que les hommes, et les femmes aussi, ont en moyenne , vingt histoires d’amour, plus ou moins intenses, sans ou avec un excès de pratiques sexuelles dans leur vie; alors , pourquoi moi deux jusqu’à maintenant, avec mes vingt années d’âge ?

A présent, et j’espère que ça dure, Abdul Hamid incarne l’ensemble d’amour sentimental et amour charnel que je pouvais obtenir, dans les conditions personnelles et familiales que j‘avais. Je suis heureuse, comblée et en concomitance complète, moralement et physiquement ! Je fais plus de poèmes , plus des entretiens avec des personnalités littéraires et des poètes .Avec l’amour, je suis devenu plus dynamique !

J’aime les gens dans la rue, ceux aux bureaux de travail, ceux qui sont dans les champs ou dans les usines; j’aime tout le monde ici ou là , où ils se trouvent ; j’aime aussi la foule qui va au cinéma ou théâtre, qu’ils lisent des romans et essais, ceux qui aiment la poèsie, la musique, la danse, tous…, tous …parce que je suppose qu’ils soient , ou ils vont devenir un jour, amoureux comme moi; qu’ils fassent l’amour autant que moi , qu‘ils aient le plaisir de vivre cette épreuve comme moi, qui viens de sortir du désert !

Même après le départ de mon bien aimé, Abdul Hamid, dans son pays; je suis restée avec son image, avec nos souvenirs, courts mais amples et intenses qui valaient vingt ou cent histoires d’amour cumulées !

J’ai enrayé complètement André de mes fantasmes , mais suis restée fidèle à son amitié et les impératifs du travail. Quant à la télévision je n’avais que des collègues peu aimables , mais neutralisés dans mon esprit .

Il est devenu superflu de voir ma sœur continuer à refuser les candidats au mariage . Même cela a commencé à m’amuser et j’imagine les victimes de ma sœur tombées ,l’une après l’autre . Moi , je suis saine et sauve, et j’ai , à présent, mon grand amour pour la vie .

Une semaine après le départ d’Abdul Hamid, j’avais envie d’écouter de nouveau sa voix. J’ai fait son numéro de téléphone avec un cœur qui battait. Une personne âgée, je pense, qui parlait très peu le français , avec une voix âprefluctuante, m‘a répondu. Elle m’a dit qu’elle était sa mère et m’a demandé ce que je voulais ; J’ai répondu, simplement: parler à Abdul Hamid. Elle m’a fait comprendre avec son français très faible, mélangé des mots arabes que je compris le dixième à peine, que son fils est absent pour le moment, parce qu’il a accompagné….. sa femme et ses trois enfants chez sa belle-mère !

J’ai presque perdu la voix; J’ai crié de toute ma force : « Sa femme ? », elle a répété : « Oui; sa femme; ma belle-fille, Fatima ! »

Mon cœur fut brisé . Je ne croix plus à l’amour ; je ne croix plus aux hommes .
Je suivrais mon chemin dans la vie avec précaution et méfiance , en tournant la tête du passé . Je retournerai, obligée, à la cage de ma sœur, en sacrifiant de nouveau mes sentiments amoureux, qui ressemblaient, en fin de compte, à des caprices infantiles comme Anne disait de l’amour de ses enfants envers moi .Il ne restera pour moi que la poèsie et le travail.

Pour l’amour, c’est terminé .

FIN


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